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Conte – Tu seras un homme mon fils ! – Partie I –


leon_carrc3a9_mille_et_une_nuit_histoire_splendide_du_prince_diamentIl était une fois un roi, or il n’y a de roi qu’Allah. Ce roi avait un vaste royaume. Il avait aussi un vizir qui lui était très dévoué. Pour le remercier et surtout pour l’avoir à ses côtés tout le temps, le roi l’installa dans une somptueuse demeure dans l’enceinte même du château royal.

La reine et la femme du vizir attendaient des enfants. Lorsque la reine mit au monde un garçon, la femme du vizir eut une fille. Le fkih du palais bénit les deux nouveaux-nés et suggéra que les deux enfants soient promis l’un à l’autre.

Les enfants reçurent les mêmes soins de la nourrice du palais et les mêmes attentions de leurs parents. Ils grandirent en partageant les mêmes jeux en apprenant avec le même moudaress (enseignant). Ils grandissaient paisiblement en profitant de tous les plaisirs que leur offrait la vie de château. Quelques années passèrent ainsi pour les deux enfants, dans le bonheur et la joie.

Un jour, le prince alla voir son père pour lui dire : 

-« Père, je suis un homme ! « 

Le roi répondit alors en souriant :

-« Tu l’es un peu mais tu dois le devenir pleinement. Il te faut apprendre beaucoup de choses encore.  Ce que les livres et les sages t’ont enseigné, tu dois le vivre aussi. »

Le roi comprit que le moment était venu pour que son fils aille par le monde, pour la rude expérience de la vie. Il était prince certes, mais il devait devenir un homme et surtout un roi.

Le prince armé de courage, partit pour un long voyage avec une bourse et quelques provisions. Il promit à son amie de revenir plein d’usage et de raison de vivre avec elle, le reste de son âge.

Il marcha de jour et se reposa de nuit. Il marcha et marcha encore au point que ses chaussures s’usèrent. Il s’aperçut qu’il n’avait plus de provisions ni d’argent, lorsqu’il arriva dans une ville qui venait d’ouvrir ses portes. Il demanda aux passants où il pourrait trouver un sage. On lui indiqua un pauvre logis où un homme entouré de ses livres, l’attendait.

-« Je suis un voyageur qui n’a plus d’argent. Je voudrais travailler et surtout apprendre à être un homme ! « 

Le sage le considéra un moment puis lui dit :

-« Voici un terrain ! Tu dois le transformer en terre cultivable. »

Le jeune homme se mit aussitôt à la tâche. Il pulvérisa les rochers à coups de pioche, arracha les mauvaise herbes et les arbrisseaux. Il débarrassa les lieux de tous les animaux nuisibles : taupes, hérissons, serpents et autres. Il comprit combien était pénible le travail de la terre et que la vie d’un paysan n’était  pas de tout repos.

Tout en sueur et poussière, il alla retrouver le sage qui lui dit : 

-« Ton travail est parfait mais tu ne fais que commencer. Ton terrain est maintenant prêt pour d’autres travaux. Tu dois le labourer et le semer de graines. »

Aussitôt le jeune homme laboura le champ. Il le retourna profondément et dans les sillons jeta les graines pour l’ensemencer. Il sut combien était dur le labeur des travailleurs de la terre. Il alla rendre compte au sage qui lui dit :

-« C’est parfait ! Mais tu n’es pas au bout de tes peines. Il te faudra attendre la saison des récoltes et si la nature est clémente, tu verras le fruit de tes efforts. »

Le jeune homme se soumit au rythme de la nature. Mais en attendant, le sage lui proposa de parfaire sa connaissance du Livre Sacré. Lorsqu’ arriva la saison des récoltes, il voulut savoir par la bouche de son maître, si après les travaux des champs, il pouvait dire qu’il était devenu un homme.

-« Les travaux des champs, il le faut mais il faut aussi planter des arbres. »

Le jeune homme obéit et planta des arbres qui formèrent une véritable forêt. Le maître lui dit alors : 

-« Taille des bâtons de tes arbres pour apprendre les arts martiaux. »

Le jeune homme obéit et reçut de la part de son maître l’art de manier le bâton. Ce fut un apprentissage dur et cruel car le maître n’épargna aucun coup à l’élève qui à son corps défendant, compris jusqu’où il pouvait pousser son endurance et les techniques du combat.

-« Et maintenant maître, puis-je me vanter d’être un homme ? « 

-« Le combat au bâton est un exercice de souplesse, il te faudra apprendre le maniement des armes. Je t’en apprendrai les arcanes le moment venu. » … A SUIVRE

 

Source : Contes du terroir algérien – Editions Dalimen

Illustration : Léon Carré

 

 

 

 

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