.
.

Information historique et socioculturelle sur l'Algérie

.

Traduire l'article :

Conte – Li Aicha bent el hattab ken sabret – Suite et Fin – Aicha et l’ogresse Ghilana.


2e5e4694f140013f190d939fbfd9976eAicha se retrouva seule, dans un pays inconnu. Égarée, fatiguée, Aicha se mit à la recherche d’un abri. Elle vit au loin, un château : C’était celui de Ghilana, l’ogresse qui vivait là, avec ses sept filles.

Sror qui veillait sur la sécurité de Aicha, selon les désirs de son maître, Sard Ben Ouard, la précéda chez la terrible reine des ogres pour obtenir d’elle de ne jamais lui faire de mal.

Tenue par le pacte, Ghilana et ses sept filles ne firent aucun mal à Aicha mais la mirent face à des épreuves insurmontables. 

-« Nous sommes invitées dit Ghilana à Aicha, … A notre retour, il faut que le château soit laver avec tes larmes ! »

– » Ce sera fait, répondit Aicha, docilement ! « 

Aicha se mit à pleurer Elle pleura des heures durant mais ne recueillit que quelques larmes au fond d’un verre C’est alors que, sur l’ordre de Sror, des milliers d’oiseaux remplissent de leurs larmes, d’immenses bassins qui servirent à laver le château. A son retour Ghilana reconnut l’aide de Sror et de son maître et dut inventer une autre ruse.

-« Nous sortons ! Tu garderas le château et je t’interdis de toucher à cette « hoket ezzahou » (boite à joie), ordonna la terrible reine des ogres. »

-« Je n’y toucherais pas, promit Aicha ! »

Mais dès que Aicha se retrouva seule, elle eut tellement envie de connaitre le secret de la boite qu’elle en oublia la terrible punition qu’elle risquait d’avoir. Elle ouvrit la boite et aussitôt, des milliers de musiciens, jongleurs, danseurs et autres troubadours en sortirent et se dispersèrent dans les quatre coins du château, chacun jouant son numéro, emplissant le château d’un charivari assourdissant.

Aicha essaya en vain, de faire rentrer dans la boite à joie quelques bateleurs à portée de sa main. Impuissante devant cette multitude, assourdie par le bruit, Aicha se cacha. Mais avant le retour de Ghilana, une voix lui dit de prononcer une formule magique : « Dam farh Ali  Bel Ghoul  » (la fête de Ali bel Ghoul se termine ! )

-« Dam farh Ali  Bel Ghoul, répéta-t-elle. »

Aussitôt, la boite magique s’ouvrit et avala tout en un clin d’œil. Ghilana reconnut encore une fois, a puissance de Sror et de son maître ; elle pensa alors à une chose plus simple.

Le soir venu, Ghilana et ses filles donnèrent une bougie à Aicha en lui ordonnant de les éclairer pendant qu’elles se mettaient le henné. Elle obéit et tenant la bougie qui se consumait, elle regardait faire les ogresses qui prenaient tout leur temps pour s’appliquer le henné sur les mains. La scène dura longtemps. Gagnée par la fatigue, Aicha ferma les yeux en pensant à Ali bel ghoul. Elle manqua de vigilance. Une goûte de cire la brûla. Surprise, elle laissa tomber la bougie, en disant : 

-« Que soit brûlé Ali Bel Ghoul ! (kiya fi Ali Bel Ghoul).

Ghilana et ses filles se ruèrent su Aicha au moment-même où celle-ci fut transportée par un souffle puissant qui la transporta jusqu’au château de Ali Bel Ghoul, soltane el jnoun.

Là, une grande fête fut organisée pour célébrer son mariage avec Ali Bel Ghoul, le puissant roi aux pouvoirs magiques, appelé aussi Sard ben Ouard.

Ses parents et tous les voisins étaient là pour la féliciter et lui souhaiter beaucoup de bonheur. Pour neutraliser la jalousie de ses sœurs, Sror fut chargé de combler tous leur désirs et même la voisine ne fut pas oubliée…

 

Sources : Contes du terroir algérien – Editions Dalimen

 

Commentaires Facebook

commentaires



L’équipe Babzman est composée de spécialistes, amoureux de la culture Algérienne sous toutes ses formes. Qu’ils soient passionnés d’art, d’histoire ou encore de patrimoine, ces contributeurs de tout horizon, vous offrent un voyage dans le temps, à la découverte de l’Algérie millénaire.


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *