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Conte: La fille du serpent – Partie 2: Gamra dhaouaya


evesnakeLa caverne était profonde. Lorsque ses yeux s’habituèrent à l’obscurité du lieu, la fillette vie, enroulé sur lui-même,  un énorme serpent.  Elle poussa un cri d’épouvante. Le serpent dressa la tête, et de ses yeux qui brillaient comme des braises, il regarda la petite fille. La peine avait pourtant attristé son visage et les épines avaient égratigné ses pieds et ses mains et déchiré ses vêtements. Tant de beauté éblouit le serpent. Tant de faiblesse l’émut. Il remercia Dieu et d’une voix claire, il dit à l’enfant qui tremblait de terreur :

«Ne crains rien, je ne te ferai aucun mal. Mais dis-moi, petite fille, ce qui t’a conduite jusqu’à moi »

Surprise d’entendre le serpent lui parler dans un langage humain et sur un ton rassurant, elle lui répondit :

«La pelote de laine est tombée de mes mains et à roulé,  roulé. Je l’ai suivie sans pouvoir la rattraper… Je l’ai perdue et j’ai alors marché jusqu’ici.»

Le serpent invita la fillette à se laver et à partager son repas. Elle mangea à sa faim puis alla se reposer dans un lit confortable jusqu’au lever du jour.

Il faut dire que ce serpent n’était pas un véritable serpent. C’était un homme qui vivait heureux avec sa femme et ses enfants. Il avait une maison et des richesses. Mais une nuit, par mégarde, il marcha sur un serpent. Le reptile blessé lui jeta un sort en lui soufflant son haleine au visage et en lui disant :

«Tu m’as écrasé. Tu deviendras serpent à ton tour et tu resteras dans cet état tant que je vivrai, afin que les hommes te foulent du pied comme tu viens de le faire pour moi !»

 C’est ainsi qu’il fut changé en serpent et se réfugia dans cette antre caché par les ronces et les buissons. Il se mêla aux bêtes sauvages et vécu sa vie de reptile se nourrissant de chair et de sang. Mais son cœur et son esprit étaient restés ceux d’un homme. La solitude lui était amère. Depuis longtemps, il n’avait vu l’ombre d’un être humain. A la vue de la petite fille, son cœur fondit de tendresse.

Quand l’enfant se réveilla d’un long sommeil, le serpent l’invita à manger les bonnes choses qu’il avait préparées pour elle. Avec douceur il lui demanda :

«Quel est donc ton nom ? Quel est le nom de ton village et celui de tes parents pour que je te conduise vers eux ?»

Elle répondit :

«Je m’appelle Gamra dhaouaya mais je ne connais ni le nom de mes parents ni celui de mon village.»

 Le serpent prit alors une décision :

«Voici la pelote de laine que tu cherchais mais tu vas rester ici. Tu seras mon enfant et je te protégerai…  Tu devras m’obéir et ne jamais dépasser le seuil de la caverne. Il pourrait t’arriver malheur si tu t’aventurais dehors.»

Le serpent fut pour la fillette le père et la mère. Il lui a apprit à faire beaucoup de choses utiles. Il l’entoura de tendresse. Tout se passa bien jusqu’au moment où, devenue adolescente, la fille connut l’ennui. Il lui arrivait de jouer avec sa pelote de laine mais cela ne lui suffisait plus. Elle eut la nostalgie du ciel et du soleil. Elle voulut découvrir le monde.

Comme le serpent la laissait souvent seule, elle profita de ses absences pour explorer l’espace. Tout d’abord elle se contenta de regarder timidement au travers des hautes herbes et des branches qui cachaient l’entrée de la caverne. Puis, chaque jour, elle s’aventurait un peu plus loin…  A SUIVRE

 

 

Source: D’aprés  le livre «Contes du terroir Algérien» Volume 1,  Editions DALIMEN

Illustration: https://biblescienceguy.wordpress.com/2015/12/09/how-long-was-adam-in-eden/

 

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