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Conte – El Berriya, la princesse au pain – Partie I – Les richesses de la princesse


f65f59097b3f365284bf90dfadcea3d7Il était une fois, dans un continent lointain, un roi qui régnait sur un vaste royaume. Il avait une fille que tous les sujets adoraient. Elle était aussi belle que sage et son père lui demandait conseil devant des problèmes ardus qui se posait à lui.

Le royaume était prospère et la vie se déroulait sans inquiétude dans le palais comme au sein de la communauté. Mais il est des impondérables que seul Dieu peut prévoir. Le royaume fut frappé de terribles catastrophes naturelles : ce fut d’abord une invasion de criquets qui dévora toutes les récoltes. Puis des inondations anéantirent des villes, des champs et des vies humaines. Une sécheresse épouvantable calcina les terres et assécha toutes les plantes, transformant le royaume en un sinistre désert. Plus d’eau nulle part. Pas une goutte de pluie depuis des années. Qui peut vivre sans eau?

Les animaux mouraient de soif ou émigraient vers des contrées plus clémentes. Les habitant désertaient villes et villages. Il quittaient le pays par vagues successives pour errer sur les routes à la recherche de la nourriture et de l’eau.

Devant un tel désastre, le roi impuissant tomba malade et mourut. Il ne resta dans le palais et dans tout le royaume que la sage princesse et sa fidèle servante. Elles résistèrent longtemps en économisant ce qui leur restait d’énergie et de réserves. Un jour, la servante vint annoncer la terrible nouvelle à la princesse.

– » Princesse, lui dit-elle, il ne nous reste plus de vivres. Nous n’avons plus rien à manger. »

– » Attendons encore un peu, répondit la princesse, cherchant à ajourner le départ, Dieu y pourvoira ! « 

Mais un jour qu’elle eut très faim, la princesse dit à la servante :

– » Voici toutes les perles que je possède ! Transforme-les en poudre entre les meules de pierre avec cette farine de perles, fais une galette. Elle nous servira de ‘Ouine (provisions pour la route) durant le voyage, car nous devons partir, nous devons quitter le pays. »

La servante s’exécuta et fit une galette de poudre de perles. Avant de partir, elle crut nécessaire de prendre quelques richesses. La princesse le lui interdit en lui rappelant : 

– » Cela ne sous servira pas mais nous alourdira d’avantage. Nous n’avons pas assez de force pour les porter. »

– » C’est sage, reconnut la servante ! « 

La princesse et la servante déguisée en hommes, marchèrent, marchèrent, marchèrent jusqu’à l’épuisement. Elles errèrent ainsi sur les routes, se nourrissant de ce que la nature pouvait leur offrir comme herbes et racines. Elles marchaient de  jour et se reposaient la nuit, des mois durant, à la recherche d’un lieu sûr et hospitalier où elles pourraient trouver le gite et de la nourriture. La servante épuisée, rendit l’âme en laissant la princesse, seule au monde. El Berryia, c’est le prénom qu’elle se donna, reprit sa marche après avoir enterré sa campagne. Un jour suivit l’autre jusqu’au jour où elle arriva dans une ville très animée parce que très prospère.

Malgré sa grande fatigue, la princesse se réjouit de voir cette animation qui lui rappelait les beaux jours du royaume de son père. Elle erra longtemps dans les rues de cette villes s’offrant le plaisir de voir l’image de l’abondance.

Le soir, le crieur lança son appel : 

– » El barani ‘ala bara ! biban el médina yetghalkou ! (L’étranger, en dehors des murs de la cité ! Les portes de la villes vont être fermée.)

El Berrya sortit et se chercha tout près des remparts, un endroit pour dormir. Elle défit ses cheveux et se débarrassa de son déguisement et s’endormit en attendant qu’on ouvrit les portes de la ville. Quand le lendemain, le garde la découvrit endormie, il fut éblouie par sa grande beauté. Il en parla à ses chefs qui transmirent l’information à leur supérieurs et de bouche à oreille, la nouvelle arriva chez le roi. Le sultan demanda aussitôt, de voir l’inconnue qui avait choisi son royaume comme destination. A la vue de la belle et jeune femme, le monarque fut séduit par tant de grâce et de beauté. Il en fit sa reine et la traita selon son rang. Elle le lui rendit en obéissance et en tendresse, car El Berrya, en plus de sa grande beauté, était douce et tendre. Elle siégeait aux côtés de son mari qui lui reconnut immédiatement l’intelligence et des capacités d’une grande reine.

Mais il y avait quelque chose qui restait obscure dans la vie de sa femme, quelque chose qui la rendait triste et faisait qu’à table, la princesse vénérait le pain plsu que tout autre chose, au grand étonnement de toute la famille royale… A SUIVRE

 

Source: Contes du terroir algérien – Editions Dalimen

Image: Rudolf Ernst

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