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Information historique et socioculturelle sur l'Algérie

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Collo ou El Qoll


Collo5Selon l’Histoire, Chullu fut un des comptoirs des Phéniciens, en 430 avant Jésus-Christ. Ce port numide par lequel le Roi Boccus livra aux Romains son gendre Jughurta, en 106 avant Jésus-Christ. Selon Pline, cette ville  fut la deuxième cité numide après Cirta.

La ville était tellement importante qu’elle devient vite une colonie. Après cela, elle devint Chulli minicipium de l’Empereur Antonin, en 138 après Jésus-Christ. Pendant cette époque, Chulli était réputée pour sa teinturerie, ses étoffes pourpres, ses cuirs et ses bois de construction. Plus tard, elle sera Kellops Magnus de Ptolémée d’où elle tirera son nom de Collo.

Cette ville côtière prisée par les estivants, s’ouvre par une plage de sable fin sur une rade étroite limitée, à l’Est, par la presqu’île d’El-Djarda et à l’Ouest par le massif de Collo. Son port se niche au pied du versant Est de la presqu’île d’El-Djarda et est protégé des vents de l’Est par une jetée de 130 m.

Au XIe siècle, elle servit de port à Constantine, durant le règne des Hammadides et le restera jusqu’à l’occupation française, en 1843. AU XIIe  et XVIe siècles, Génois et Pisans y font commerce des cuirs, céréales et de la cire. Au XVe  siècle, elle est sous l’autorité d’un gouvernement dépendant de l’autorité turque de Constantine. De 1604 à 1685, la Compagnie d’Afrique (française) y a possédé un établissement pour le commerce intérieur et la pêche du corail.

A la fin de la période ottomane, les cheikhs jouaient le rôle de politiciens et les tolba celui de juges, dans la région de Collo qui représentait un mixage de races arabes et kabyles, organisées en tribus indépendantes sous les mêmes lois de ces politiciens et juges, ce qui, malgré les différends qui pouvaient les séparer, faisaient d’eux une véritable force contre chaque envahisseur. Ouled Hamidèche, par exemple, se levèrent en bouclier contre l’occupation ottomane et le bey Osman fut tué à Oued Zhour en 1804.

La colonisation française fut repoussée par les cheikhs Zeghoud, Messaoud Benmansour et Mohamed Benabdallah, de 18041 à 1860.

C’est sur l’instigation de Bou Baghriche, surnommé le «Sultan de la montagne» que la population se souleva en 1848. Les Achaches attaquent une colonne française et s’emparent de la ville, ce qui contraignit les français à rejoindre Skikda par la mer. En 1859, l’autorité militaire crée une annexe dépendant du bureau arabe de philippeville (Skikda). Commune de plein exercice en 1870, dans le département de Constantine. En 1874, elle devient le chef-lieu de la commune mixte, du même nom.

D’autres révoltes, en 1856 et 1858 furent sauvagement réprimées. En mai 1860, la répression conduite par le général, a fait croire aux français qu’ils avaient obtenu le calme. Mais l’insurrection de Mokrani, en 1870, replonge les douars de Collo dans la révolte.

La population a été réduite au nombre de 500 habitants qui vivaient dans des masures ou des gourbis, n’ayant plus ni terres, ni troupeaux, ni commerce, ni plus aucune industrie. Tout ce qu’il restait de l’ancienne marine de Collo n’était plus qu’une dizaine de barques de pêche.

Collo, cette commune située à 500 kilomètres d’Alger et à 70 kilomètres au Nord-Ouest de la wilaya de Skikda est perchée à 20 mètres d’altitude, au pied d’El Djadra, dans la baie de B’har en’sa, la plage des jeunes filles. Collo est connue pour ses belles plages au sable fin, ses sites panoramiques avec vue imprenable sur la mer et ses vestiges historiques à très grande valeur culturelle, mais aussi pour sa cuisine riche en poisson et crustacés.

Collo2Ses plages à sable fin, comme Tamanart, Baie des Jeunes Filles et Benzouit, offrent aux estivants, dans ce climat méditerranéen, un superbe cadre de détente et d’évasion.

Ce massif montagneux modifié par l’érosion est connue pour ses activités  de pêche, de traitement de poisson et du liège, puisqu’elle renferme un massif forestier très boisé, culminant au Djebel El Goufi, à 1183 mètres d’altitude. Un lieu que l’histoire a marqué ou qui a marqué l’histoire, puisqu’il fut le bastion de la Wilaya II, lors de la guerre de Libération.

Gardée par son Saint patron, cette région abrite, au sommet du cap Bougarnoune, le mausolée de Sidi Achour qui domine cette terre foulée par les hommes qui ont fait son histoire.

Mounira Amine-Seka.

Sources :

  • Dictionnaire des localités algériennes, par Achour Cheurfi. Editions Casbah, 2011.

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