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Cela s’est passé un 6 novembre 1960, Avant première du premier film algérien Djazairouna


cinéLe ministère de l’Information du GPRA organise à Tunis l’avant première du premier film algérien, intitulé « Djazairouna », réalisé par Chanderli Djamel, Chaulet Pierre, Lakdar Hamina et René Vautier.

 En 1956, le FLN crée un centre d’information et de communication. L’objectif au départ est d’accompagner des journalistes étrangers venus filmer la guerre de libération. Les premiers reporters, Herb Greer et Peter Throckmorton, des indépendants, filment cette même année le maquis de l’Oranie. Leurs images seront diffusées lors de l’Assemblée Générale de l’ONU en 1957.

Par la suite, une agence de presse est créée à Tunis pour favoriser la diffusion des images de la guerre ; et les images et documents de presse sont collectés pour constituer des archives complètes sur la révolution.

C’est dans ce contexte et sur la base d’images du film « Une nation, l’Algérie », réalisé par René Vautier en 1955, ainsi que des images de Djamel Chanderli prises au maquis qu’est réalisé en 1960 ce qui est, aujourd’hui, considéré comme étant le premier film algérien : « Djazaïrouna » (Notre Algérie). Sa réalisation est collective : Docteur Chaulet, Djamel Chanderli, Mohammed Lakhdar-Hamina. Et sa production est signée: Service Cinéma G.P.R.A.

« Djazaïrouna » est destiné à éclairer la communauté internationale sur les objectifs poursuivis par les maquisards algériens.

Concernant les images de Chenderli expliquait qu’il s’agissait de « reportages sur les bombardements, la vie des djounouds et l’apport inconditionnel de la population à la guerre de libération : ravitaillement-guet-cache-sacrifice, etc. ».

 « Munie de deux caméras, monte au maquis de la wilaya II en décembre 1956, après avoir été pris en charge et escorté par Tahar Bouderbala et prend les premières images algériennes de la révolution » (Ahmed Béjaoui). En 1958, toujours dans le Nord-Constantinois, sa caméra tombe nez à nez face à un bombardement au napalm, à Beni Sbih, dans la région d’El Milia. De telles images sont d’une importance capitale dans la contre-propagande du FLN face aux images de la France officielle qui tente de cacher la vérité sur le conflit à la population française, en véhiculant l’idée que «l’armée française intervient dans le cadre d’une mission de pacification, et qu’il n’y a pas de velléités d’indépendance de la part du peuple algérien mais seulement des bandes terroristes désorganisées qui sévissent et perpétuent des actes barbares » (Olivier Bitoun)

Chenderli décide donc « d’envoyer personnellement ce matériel à mon frère Abdelkader Chenderli aux Nations Unies, pour développer et exploiter immédiatement ces images afin de confondre l’armée française qui affirmait ne pas utiliser le napalm en Algérie ».

L’avant-première de « Djazaïrouna » est organisée par le ministère de l’Information du GPRA dans une salle tunisoise, le 6 novembre 1960. Plus tard, le film sera complété et s’appellera « La Voix du peuple ».

Malheureusement, le film ou ce qu’il est devenu, n’est pas exploité aujourd’hui, alors que l’Algérie célèbre les 60 ans du déclenchement de la révolution et que les algériens sont très demandeurs de véritables archives de l’époque.

 

Z.M.

Sources :

  1. « Cinéma et guerre de libération. Algérie, des batailles d’images », d’Ahmed Béjaoui. Pages 57 et 58. Chihab Editions. Alger, 2014
  2. « Lettre de Djamel Chenderli à Boudjemaa Karèche», publiée dans le numéro 22 de L’Hebdo libéré, semaine du 21 au 27 novembre 1990 (mentionnée dans le livre d’Ahmed Béjaoui, cité plus haut)
  3. www.babelmed.net
  4. Critique du film « Avoir 20 ans dans les Aurès », Par Olivier Bitoun – le 25 septembre 2012 in http://www.dvdclassik.com

 

 

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