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Cela s’est passé un 6 mars 2008, décès du chanteur Lili Boniche


liliSurnommé le « chrooner de la Casbah », Lili Boniche a démarré sa carrière avec la chanson arabo-andalouse avant d’aboutir à la chanson francarabe, sur des rythmes jazz, mambo, tango…

 

De son vrai nom Elie Boniche, il est né le 29 avril 1922, dans une venelle de la basse Casbah d’Alger, ainé de quatre enfants, au sein d’une famille séfarade d’origine andalouse. Ses parents, de condition modeste, étaient originaires d’Akbou.

Son père, artisan joaillier, mélomane et bon joueur de mandole, a toujours encouragé les dispositions musicales de son fils. C’est que ce dernier, âgé à peine de sept ans, chipe le mandole de son père et va s’exercer sur le toit de la maison. Il rejoue d’oreille ce qu’il a l’habitude d’entendre comme musique et sa voix enfantine raisonne au-dessus des toits de la cité blanche.  

A neuf ans, le jeune garçon rencontre le maitre du hawzi, Messaoud Medioni, dit Saoud L’Oranais. Ce dernier, séduit par le talent du garçon, l’invite à se joindre à son groupe en tournée, après bien des difficultés à convaincre son père. Le jeune Boniche passera trois ans à voyager à travers l’Afrique du Nord, sous la tutelle de ce grand maitre. De retour en 1935, maniant le luth avec beaucoup de talent. Il étudie la musique classique arabe et fréquente des écoles réputées comme Moutribia et al-Moussilia.

Considéré désormais comme un jeune prodige, il fait vivre sa famille alors que son père ayant perdu la vie ne peut plus subvenir aux besoins des siens et se produisant dans les cérémonies de mariages et différentes fêtes familiales.

A l’âge de quinze ans, le directeur de Radio-Alger, M. Azrou, lui confie l’animation d’une émission hebdomadaire consacrée au hawzi et au répertoire classique. Et très vite, le jeune homme devient un incontournable des grands événements culturels de la ville. Les amateurs comme les spécialistes voient en lui un grand espoir de la musique traditionnelle algérienne. En effet, Lili Boniche écrit des dizaines de chansons en mélangeant savamment les deux langues, dans le plus pur style francarabe. Il adapte des succès occidentaux et mélange les genres : jazz, flamenco, mambo, tango, rumba, paso doble… Parmi ses titres les plus connus, « Alger Alger » (1958) et « Ana el warka » (2004).

Lili Boniche épousera une comtesse allemande et exercera, en parallèle à la chanson, différentes activités professionnelles. Il gérera quatre des plus beaux cinémas d’Alger jusqu’en 1962.

Après l’indépendance de l’Algérie, il crée à Paris une société de restauration d’entreprise et vend du matériel de bureau, tout  en continuant régulièrement à chanter, seulement dans les fêtes et les mariages.

A la fin des années 1980, à la demande incessante de la communauté juive d’Algérie, il remonte sur scène et reprend le chemin des studios d’enregistrement. Il sera même sollicité pour des rôles sur le grand écran, entre autre dans « Le Grand pardon » aux côtés de Roger Hanin.

Il fait plusieurs scènes en France et ailleurs en Europe et le succès est toujours au rendez-vous.

Le 10 juin 1999, il donne un unique concert à l’Olympia de Paris, accompagné au piano par son ami Maurice el Médioni, neveu de Saoud. Il évoque Alger et El Hadj el Anka « notre maitre à tous » et rend hommage au musicien Mustapha Skandrani.

Après quelques albums, live en particulier, Lili Boniche se retire de la scène musicale durant plusieurs années, avant de décéder le 6 mars 2008. Ses chansons seront reprises par d’autres artistes et son souvenir demeurera toujours intact auprès de ses nombreux fans, qu’ils soient de ce côté-ci de la Méditerranée ou de l’autre.

Synthèse K.T.

Sources :

  1. http://www.lehall.com
  2. http://lili-boniche.fr

 

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