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Cela s’est passé un 5 octobre,1949 Naissance de l’auteur Malika Mokeddem


ilElle revendique l’acte d’écrire comme une liberté, celle d’exister en tant qu’être humain, en tant que femme et de disposer de sa vie comme elle le souhaite. Pour elle, écrire c’est aussi une renaissance, un retour vers soi, vers ses origines et son enfance, ou celle qu’elle aurait voulu avoir.

 

Malika Mokeddem  est née le 5 octobre 1949 à Kenadsa (Béchar), au sein d’une famille pauvre et nombreuse dont le père ainsi que le grand-père étaient nomades. Elle commence sa scolarité peu de temps avant le déclenchement de la guerre de libération, en octobre 1954 et, à l’indépendance en 1962, elle est au collège. Durant plusieurs années et jusqu’au baccalauréat, elle est la seule fille dans sa classe.

Adolescente, elle sait déjà que l’écriture est sa véritable voie, pourtant, c’est vers la médecine qu’elle se tourne d’abord. Elle entame ses études à l’université d’Oran, avant d’aller les poursuivre en France, à Paris. En 1979, elle s’installe à Montpellier et se spécialise en néphrologie.

Son exil la force ou lui permet- tel un moteur- d’aller vers l’écriture. Ainsi, tout en exerçant la médecine en cabinet privé, elle écrit son premier roman « Les hommes qui marchent » (Ramsay, 1990, Prix Littré du Festival du Premier roman de Chamberry et le prix de la Fondation Noureddine Abba). Ce texte qui illustre la révolte de l’adolescence- et de l’inconscience- sera suivi d’un second intitulé « Le siècle des sauterelles » (Ramsay, 1992, Prix Afrique-Méditerranée de l’Association des écrivains de langue française), un récit d’une famille qui devient nomade parce qu’elle a résisté à la colonisation française. Exproprié et forcée à nomadiser, la famille désespère sauf Mahmoud le poète qui s’attellera à initier sa fille à l’écriture et à la liberté.

Malika Mokeddem, aînée de treize enfants, médecin, mariée à un français, vit constamment à la frontière de deux mondes, celui des nomades, transmis par les contes et les légendes, et celui de la modernité qui lui a été donnée par l’école. Son troisième roman, « L’interdite » (Grasset, 1993, Prix Méditerranée 1994), très autobiographique, relate l’histoire d’une femme médecin qui revient dans son ksar natal pour retrouver les odeurs et les couleurs de son enfance. Puis « Des rêves et des assassins » (Grasset, 1995), écrit durant la décennie noire et qui s’inscrit, dans la littérature d’urgence et de témoignage.

Dans l’évolution de l’écriture de Mokeddem, on relève une certaine rupture de ton entre ses premiers écrits et ses textes les plus récents. Si  les premiers sont des romans de conteuse où elle était très influencée par sa grand-mère et fortement imprégnée de culture orale, gagnée par l’actualité et la tragédie  algérienne, elle signe des textes qui relatent sa propre histoire et l’histoire de la femme dans l’histoire contemporaine de l’Algérie et des pamphlets, voire des règlements de compte.

 « Le retour incessant à travers l’écriture sur un pays que le corps a quitté, mais qui ne vous quitte pas » semble lui tenir particulièrement à cœur. Elle fait remarquer que dans la plupart de ses romans, ses personnages partent. Généralement, ce sont des femmes de rupture. « C’est rompre pour se réconcilier avec soi, d’abord. Ensuite pouvoir revenir vers les autres plus apaisé ». Dans son roman « N’zid » (Seuil, 2001), elle change de décor et d’espace, elle passe du désert, qui symbolise pour elle l’enfermement, à la mer qui est « sérénité ». Elle y raconte l’histoire d’une femme, Nora, naufragée et amnésique qui tente, comme le pays, de se reconstruire. « La transe des insoumis » (Grasset, 2003), autobiographique, est un retour à la petite enfance et un inventaire d’illusions perdues, de rebellions, de luttes livrées pour arracher un peu plus de liberté et de dignité.

Trois autres romans suivront : « Mes hommes » (Grasset, 2005), « Je dois tout à ton oubli » (Grasset, 2008) et « La désirante » (Grasset, 2011).

Pour Malika Mokeddem, écrire c’est «gagner une page de vie, c’est reprendre un empan de souffle à l’angoisse, c’est retrouver, au-dessus du trouble et du désarroi, un pointillé d’espoir. L’écriture est le nomadisme de mon esprit, dans le désert de ses manques, sur les pistes sans autre issue de la nostalgie, sur les traces de l’enfance que je n’ai jamais eue. »

Synthèse K.T.

Sources :

  1. « Dictionnaire encyclopédique de l’Algérie », par Achour Cheurfi. Editions ANEP, 2007
  2. Collectif, Malika Mokeddem, Paris, L’Harmattan, ‎2003
  3. Thèse de mémoire pour un magistère de Faiza Baiche, intitulée « La re-naissance par l’écriture dans N’zid de Malika Mokeddem (Université Mentouri, Constantine Ecole doctorale de français)
  4. http://www.limag.refer.org

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