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Cela s’est passé un 5 juin 1848, Ahmed Bey se rend aux troupes françaises


hadj-ahmed-beyLe dernier bey de Constantine, l’une des grandes figures de la résistance à colonisation française, se rend à l’ennemi un jeudi 5 juin de l’année 1848, après avoir tenté, vainement de soulever les populations de l’est contre l’envahisseur.

Petit fils du bey turc, Ahmed-El-Kolli, El Hadj Ahmed est né en 1784 à Constantine. Son père Mohammed Chérif avait été khalifa sous le bey Hassein, successeur de Salah et il avait lui-même rempli cette charge, à l’époque de Braham El R’arbi et de Mohammed El Kolli. Sa mère, El Hadja Béguia, était une Benghana.

Elevé chez ses oncles maternels à la campagne, il apprend l’art équestre très jeune. On lui reconnait une habileté et un courage peu communs, raisons pour lesquelles le bey Abd Allah lui concède le titre de Caïd des tribus el Aouassi alors qu’il a à peine 18 ans.

Après le tremblement de terre de Blida, en 1825, le dey, le nomme à Houna el Kadous, aux environs d’Alger, et lui donne la jouissance de l’haouch Ouled Baba. Il se consacre à ses passions, la chasse et les chevaux et prend part à des expéditions pour protéger les troupes ottomanes contre des tribus hostiles. C’est à cette période qu’il accompli le pèlerinage à la Mecque, durant quinze mois. Il fera un passage par l’Egypte où il rencontrera entre autres personnages célèbres Méhémet Ali et son fils Ibrahim Pacha.

En 1826, le Dey d’Alger le nomme bey de Constantine, succédant ainsi au bey Manamani. Ahmed bey remet de l’ordre dans la région et grâce à son intelligence, il résout de nombreux problèmes internes.

Lors du débarquement des troupes françaises à Alger, le bey de Constantine vient au secours du Dey avec ses troupes. Mais après la prise d’Alger, il se retire dans sa province après avoir offert aux algérois qui n’ont pas pu quitter la ville par mer ou par terre, sa protection jusqu’à Constantine.

En 1836, lors du premier siège de Constantine mené par les troupes du maréchal Ckauzel, El Hadj Ahmed bey remporte la bataille et  assène à l’ennemi de lourdes pertes.

L’année suivante, l’état-major français décide de mener une seconde expédition contre Constantine. Cette fois-ci, la ville tombe entre les mains des français.

« El Hadj Ahmed avait assisté, de loin, aux péripéties de l’assaut. En entendant l’explosion du magazin à poudre et en voyant le désordre qui l’avait suivie, il avait repris quelque espoir ; mais, bientôt, il avait dû se convaincre que la ville était conquise et que son royaume lui échappait. Tournant bride, il prit, avec un groupe de cavaliers fidèles, c’est-à-dire Bengana et autres, la route du sud. En quelques instants, les derniers contingents, qui occupaient, en si grand nombre, les environs, avaient disparus » (Ernest Mercier)

Hadj Ahmed Bey n’abandonne pas pour la lutte. Il réussi à sortir de la ville avec quelques cavaliers, se rallie des tribus de la région et se dirigea vers les Aurès en passant par Biskra. De son maquis, il incite les populations de la région à la résistance. Après de longues années de résistance, le dernier bey de Constantine « abandonné des djoued, pourchassé par les français, sans cesse errant et en butte à des embuches, finit par se rendre », le jeudi 5 juin 1848. (C. H. Julien)

Lors de son passage à Constantine, la population l’accueille avec enthousiasme. De nombreux habitants de la ville seront d’ailleurs jugés et condamnés par le tribunal militaire pour leur comportement.

En 1869, Vayssettes raconte la fin de la vie de Hadj Ahmed bey : « Après trois jours passés à Constantine, il fut dirigé sur Philippeville et embarqué sur un bateau de l’État, qui le transporta à Alger, où le gouvernement lui fit une pension de 12,000 francs et où il vécut dans la retraite, jusqu’à sa mort qui arriva le 30 août 1850. Son corps fut inhumé dans la mosquée de Sidi Abd-er-Rahman, au-dessus du jardin Marengo. Il avait, quand il mourut, environ soixante-trois ans. »

Il laisse trois veuves et deux filles de 20 et de 6 ans.

Zineb Merzouk

 

Sources :

  1. Ernest Mercier, Histoire de Constantine, 1903.
  2. E. Vayssettes, L’histoire de Constantine sous la domination turque, Recueil des notices et mémoires de la société archéologique de la province de Constantine, vol. XIII 1869
  3. Charles-André Julien, Histoire de l’Algérie contemporaine, conquête et colonisation, 1827-1871, Paris, P.U.F, 1964, p. 147.
  4. Wikepédia.

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