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Cela s’est passé un 4 septembre 476, la chute de l’Empire romain d’Occident


empireLe 4 septembre 476, Odoacre roi d’une tribu germanique, soldat de l’Empire romain et ancien dignitaire de la cour d’Attila,  dépose l’empereur romain d’Occident, Romulus Augustule. Celui-ci, après un règne de moins d’une année, quitte son palais de Rome pour un couvent napolitain.

Il existe de nombreuses théories sur les raisons invoquées au sujet de la « chute » de l’Empire romain d’Occident; déclin dont le concept même, est remis en cause aujourd’hui. Et si pour certains historiens, l’événement du sac de Rome par Alaric en 410 est annonciateur de la ruine de Rome, l’on retient traditionnellement le 4 septembre 476, date de l’abdication de Romulus Augustule,  pour marquer la fin de l’Empire.

Il est difficile de distinguer de manière tranchée les causes internes et  externes de la chute de l’Empire romain d’Occident, et différents point de vue sont avancés en ce sens.  Si les anciennes théories (Végèce, Ve siècle) sont en faveur d’un déclin au contact des royaumes dits barbares; ou encore, fruit d’une « conséquence naturelle et inévitable à une grandeur démesurée » (Gibbon, XVIIIe siècle); la réflexion contemporaine tend vers une explication qui identifie une série d’événements contingents, ayant programmé une « chute » inéluctable.

Les « invasions barbares »

Les peuples qui se trouvaient à l’extérieur de l’Empire romain, étaient appelés barbares (du grec barbaros, qui signifie étranger), et la chute de ce dernier fut longtemps imputé, et véhiculé par l’inconscient collectif, au simple fait de leurs migrations et incursions. A ce sujet, l’Historien Walter Goffart précise dans son ouvrage « Barbarians Et les Romains » que l’empire n’a pas fait l’objet d’une guerre de conquête et que « l’implantation des Barbares dans le monde romain a été, avant tout, le fruit d’un processus qui a vu les élites locales trouver avec de nouveaux peuples des accommodements, parce que ceux-ci leur ont paru plus à même de leur assurer la tranquille possession de leurs biens qu’un Etat lointain et impuissant ».

Par ailleurs, ils ont longtemps vécu dans une anarchie endémique, et n’ ont commencé à se regrouper en coalitions qu’au IIe siècle, leur donnant, pour la première fois, la dimension nécessaire pour se mesurer efficacement à l’armée romaine. Leurs premières irruptions significatives dans le monde romain datent du règne de Marc Aurèle, dans la seconde moitié du IIe siècle. Elles ne s’arrêteront plus. Elles feront vaciller l’empire au IIIe siècle.

Parallèlement à l’extérieur de son empire, et comme elle l’avait toujours fait, Rome favorise certains chefs barbares, les aide à constituer des royaumes clients dont les élites se romanisent progressivement. D’ailleurs, les historiens en faveurs de la théorie selon laquelle il n’y a pas eu de « chute », notent que le transfert du pouvoir d’une bureaucratie centrale impériale à des autorités plus locales est à la fois progressif et guère perceptible par le citoyen moyen, et que l’Empire continua d’exister sous une autre forme. 

Les provinces romaines d’Afrique du nord

La Numidie et  la Maurétanie ont connu une romanisation moins marquée qu’en Gaule (entre autres).  L’influence romaine ne gagna que le littoral et les plaines, et ne toucha presque pas les habitants des montagnes et du désert. Et lorsque l’Empire montra ses premières faiblesses, même les berbères romanisés se soulevèrent et voulurent se libérer de leur joug. Les empereurs occupés à gérer les crises « internes », l’instabilité politique et à assurer la défense des frontières ; n’arrivaient plus à se faire respecter dans les provinces ; ce qui explique d’une certaine façon l’offensive des berbères…

Mira B.G

 

Sources :

  1. Michel De Jaeghere, « Les derniers jours »
  2. Mahfoud Keddache, « L’Algérie des algériens »
  3. Walter Goffart, « Barbarians Et les Romains »
  4. Jean Leclant, « Dictionnaire de l’antiquité »

 

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