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Cela s’est passé un 4 mars 1992, dissolution de l’ex-FIS


Caricature_Lounis_GagDZ_fe2886472L’Ex-Front Islamiste du Salut (FIS) est dissous après 29 mois d’existence légale, par la chambre administrative du tribunal d’Alger

Le mouvement est fondé en février 1989 par plusieurs personnalités influentes du courant islamiste algérien. L’Ex-FIS est tout d’abord cantonné à certains milieux universitaires, puis, le mouvement islamique aujourd’hui dissous, élabore une stratégie avec comme corollaire, la conquête du pouvoir, et l’instauration d’un Etat islamique. Pour ce faire, il eut recours à une parade d’actions de bienfaisance et de lutte contre la pauvreté et les autres malaises de la société.

Lors des élections locales de juin 1990, les premières élections libres (depuis l’indépendance) ont lieu en Algérie; l’Ex-FIS obtient dès lors, plus de la majorité des suffrages exprimés. Par la suite, aux élections législatives de décembre 1991, l’Ex-parti obtient 188 sièges sur 231, soit près de 82 %, suivi par le FFS (25)  puis le FLN (3).

le choc est immense, le séisme provoqué par cette première « victoire » laisse présager le pire pour le second tour, car l’Ex-FIS semble en mesure de rafler la majorité absolue, ce qui lui permettrait de réviser la Constitution et de proclamer une nouvelle République islamique. Conscients des dérives et du danger imminent qui planent sur le pays, des personnalités politiques, parmi lesquelles « Saïd Sadi du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) mais aussi des membres de la société civile et des intellectuels (premières victimes du chaos meurtrier qui s’abattra sur le pays ) font appel à l’armée pour «sauver l’Algérie». »

Le 11 janvier 1992, les généraux «démissionnent» le président Chadli Bendjedid suspecté de s’accommoder d’une victoire du parti religieux. Le scrutin est annulé, le second tour n’aura jamais lieu et l’Algérie va entrer dans la pire période de son histoire depuis 1962. Très vite, les violences ensanglantent le pays. Le 9 février de la même année, l’état d’urgence est proclamé et le 4 mars, l’Ex- FIS (dont les principaux dirigeants, parmi lesquels Abassi Madani et Ali Belhadj, sont en prison depuis juin 1991) est dissous par le tribunal administratif d’Alger. Les assemblées communales et départementales dirigées par les élus de l’Ex-FIS encourent le même sort  et son également dissoutes, nombre de militants et de sympathisants sont arrêtés et envoyés sans jugement dans des camps au Sahara. D’autres passent dans la clandestinité et rejoignent les maquis et les groupes armés déjà existants.

Peu avant, L’ex mouvement  avait  mis en garde contre sa dissolution en affirmant qu’elle « conduirait à des lendemains incertains en Algérie » et que s’il était dissous il « rendrait la parole au peuple qui s’ingéniera à trouver d’autres moyens pour combattre l’oppression et concrétiser ses aspirations ».

Triste présage ou lugubre prophétie, la menace sera mise à exécution et plongera le pays dans une spirale meurtrière pendant près de 10 ans. Depuis 1992, le courant représenté par l’Ex-FIS, ses militants et ses dirigeants sont exclus de la vie politique, même si certains bénéficient d’une amnistie à l’occasion de la Concorde civile voulue par le président Abdelaziz Bouteflika en 1999 et appliquée par la charte de réconciliation nationale de 2005.

 

Mira B.G

 

Sources :

  1. Les Echos n°16091 du 05 Mars 1992
  2. Slate Afrique : au nom du fils (12/03/12)
  3. « Naissance du front islamique du salut »,  Jeune Afrique
  4. M. Samraoui, Chronique des années de sang 
  5. Illustration : Caricature Dilem, Liberté 05-01-2012

 

 

 

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