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Cela s’est passé un 31 mai 2015 … Décès d’Ahcene Taleb


Militant de la cause berbère, il a lutté contre les pesanteurs pour redonner à la langue amazigh les moyens de son développement et a consacré toute son énergie pour la reconnaissance de cette langue et pour l’avènement d’une chaire de berbère au sein de l’université, pour lui permettre de s’épanouir.  

Ahcene Taleb est né le 18 janvier 1955 à Aït-Abdelmoumène (Iwadhiyene). Issu d’une famille modeste et aîné d’une fratrie de six enfants, Ahcene a très tôt pris conscience de la charge qu’il devait assumer durant toute sa vie.

En 1962, comme tous les enfants nés pendant la guerre de libération, il rejoint les bancs de l’école primaire d’Ait Abdemounène. Élève studieux et appliqué, il se distingue rapidement par ses excellents résultats. Il avait passé avec succès l’ensemble des paliers de l’éducation, primaire, moyen au lycée Amirouche de Tizi-Ouzou et secondaire au lycée Technique d’Etat de Dellys.

Lauréat du baccalauréat en 1975, avec mention très bien, il poursuit ses études à l’école polytechnique de Montréal où il obtient son diplôme d’ingénieur en mécanique en 1980. Durant cette période, il a contribué, avec notamment Amar Ouerdane, à la création de la première association socioculturelle berbère du Canada.

De retour en Algérie, il intègre, comme ingénieur, l’entreprise Sonatrach à Hassi Messaoud. Après trois années passées dans le sud, il obtient un poste d’enseignant à l’université de Tizi-Ouzou. C’est dans ce bastion des luttes pour la sauvegarde de l’identité amazighe et pour la défense des libertés démocratiques qu’il va exceller dans son militantisme. Il joignait sa voix, sa force et sa clairvoyance à celles de ses camarades de l’université. Il était de tous les combats d’avant et après le printemps berbère. Parallèlement, il se lance dans l’élaboration d’un lexique français-berbère de technologie.

En 1985, il soutient les détenus de la première ligue des droits de l’homme et leurs familles en leur rendant souvent des visites.

Il participe, dès son lancement en 1986, au projet de Dictionnaire général informatisé de la langue berbère, exprimant ainsi son souhait et sa volonté de contribuer à extirper la langue des ravages de l’amateurisme, en la dotant d’outils scientifiques sérieux capables de la faire aller de l’avant sur des bases solides.

A l’approche de l’ouverture politique de 1989, il refuse de se rendre aux « Assises du MCB » (février 1989) auxquelles il est invité. Ahcène Taleb s’oppose au démantèlement du MCB, plaide pour son renforcement et défend son autonomie. Ahcene Taleb fait face à l’autoritarisme de certains animateurs du mouvement et défend l’idée d’une relance sur des bases plus saines et plus démocratiques. Il est l’un des principaux organisateurs du deuxième séminaire du MCB en juillet 1989.

Il a participé activement à l’organisation du 2ème séminaire du MCB et à la grande marche devant l’APN à Alger le 25 janvier 1990. C’est à son domicile que plusieurs numéros de la revue Tafsut sont tirés clandestinement. Il a également joué un rôle lors des négociations avec les institutions nationales sur le devenir de l’enseignement de tamazigh, notamment après la grève du cartable. Il a participé avec ses amis Achab et Agoune à la création de l’édition Tira où ils rééditent 2 titres du FDB : L’histoire de Kabylie et la monographie villageoise Taguemout Azzouz et Ait Yanni.

Sur le plan politique, Ahcene Taleb  apporte un soutien critique au FFS tout en s’opposant à la participation aux élections législatives et en dénonçant les opportunistes et les arrivistes de tous bords, ainsi que la corruption.

En 1996, il s’installe en France, prend un poste d’enseignant de Sciences physiques et s’inscrit à l’Inalco pour une thèse de doctorat en linguistique berbère avec comme sujet d’étude, les locutions kabyles.

Ahcene Taleb suit de très près la situation politique du pays, et participe avec des amis à la réflexion, à l’analyse et à l’action. Parallèlement, il rédige une histoire de son village natal.

Après avoir retrouvé une stabilité professionnelle et familiale, ce qui lui aurait permis d’œuvrer davantage, la maladie qui le rongeait a eu raison de lui. Ahcene Taleb s’est éteint le 31 mai 2015, dans un hôpital de la région parisienne.

Z.M

Sources :

  •  tamazgha.fr
  • depechedekabylie.com

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