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Information historique et socioculturelle sur l'Algérie

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Cela s’est passé un 3 août 1907 Naissance d’Ahmed Bouda


bouMilitant sincère et dévoué du mouvement nationaliste, Ahmed Bouda a consacré toute sa vie pour l’Algérie. Discret de son vivant et durant sa vie, son nom sera quasiment absent de l’histoire officielle.

 

Ahmed Bouda est né le 3 août 1907 à Ain Taya, ex Surcouf, dans un milieu paysan modeste. Il fréquente très tôt l’école coranique et deviendra, plus tard, un disciple assidu de la zaouïa du Cheikh Abdelkader El Hamami, à Belcourt, son quartier. Périt d’islam populaire, c’est tout naturellement qu’il partage les idées réformistes des Oulémas et adhère à leur association en 1923. Mais conscient de l’injustice, de la pauvreté et de la misère du peuple algérien imposées par la colonisation française, Ahmed Bouda comprend très vite que la politique réformiste des Oulémas n’est pas prête à briser le joug colonial. En 1933, il rejoint l’Etoile nord-africaine, puis, après sa dissolution, le PPA.

Ahmed participe au premier congrès du PPA à Alger, sous la présidence de Messali Hadj. C’est ce congrès qui entérinera la création du MTLD, branche légale du mouvement national et qui décidera, à l’unanimité, la création de sa branche armée, l’OS, tout en maintenant dans la clandestinité le PPA considéré comme la colonne vertébrale du mouvement et dont l’organisation est confiée à Ahmed Bouda.

En 1939, il est gérant du Parlement algérien, journal qui ne mâche pas ses mots pour dénoncer les exactions du colonialisme et qui, en même temps, réveille les consciences des Algériens en prônant l’indépendance sans concession.

En septembre de la même année, sur un acte d’autorité coloniale, le PPA est dissout. Ahmed Boudia et les autres militants du PPA entrent dans la clandestinité. Les contacts deviennent difficiles, la chasse à l’homme est déclenchée. Les principaux responsables sont arrêtés et incarcérés. Ahmed Bouda est envoyé dans un camp de concentration dans le Sud algérien, à Djenane Bourezgue, près de Aïn Sefra.

Après sa libération, en 1943, il renoue avec l’activité militante débordante, notamment à Belcourt son quartier. Il devient membre de la direction du PPA clandestin avec Hocine Asselah et Mohamed Belouizdad. Selon les témoignages de plusieurs militants qui œuvraient à ses côtés, Ahmed Boudia était totalement dévoué à la cause. Il lui arrivait souvent d’envoyer sa femme et ses enfants en bas âge dormir chez les voisins afin d’héberger des responsables militants, de passage, dans l’unique chambre dont il était locataire au 8, boulevard Cervantès à Belcourt.

Il a été l’un des organisateurs des manifestations du 1er mai 1945, prélude à celles du 8 mai une semaine après. Décidées par la Direction du PPA par mesure de solidarité avec Messali Hadj arrêté le 18 avril 1945 à Ksar Chellala, ces manifestations sont considérées comme étant un événement historique, un défi au colonialisme, sans précédent dans l’histoire de l’Algérie.

En 1947, à l’issue d’un conseil national du PPA-MTLD, il est nommé responsable du comité d’organisation chargé de préparer le « Congrès du comité central de Zeddine » (Aïn Defla). En novembre 1954, il est emprisonné à Serkadji jusqu’au mois d’avril 1955. A sa libération, Ahmed Bouda rejoint les rangs du FLN. Au mois d’octobre 1955, il est chargé par la direction de diriger la délégation algérienne au Caire jusqu’au mois de février 1956. Ensuite, il est représentant en Irak d’où est diffusée « La voix de l’Algérie » sur les ondes de la radio irakienne. En Libye, il sera représentant du GPRA jusqu’en 1962.

A l’indépendance, après le conflit entre le Gouvernement provisoire et Ben Bella, Ahmed Bouda se retire définitivement de la scène politique. Il est vendeur dans une boutique de postes-radio, puis vendeur de chaussures. En 1965, il est instituteur à l’école primaire les Eucalyptus, à Bab Jdid. Il assumera cette fonction durant une période limitée à cause du déficit en enseignants. Et en 1970, il est responsable des cantines scolaires dans ce même quartier, jusqu’à sa retraite en 1972.

Il habitera jusqu’à la fin de sa vie dans le même appartement du Ruisseau, rue Hélène Boucher, au 9e étage sans ascenseur, qu’il occupe depuis 1953. Il vivra modestement de sa retraite, n’ayant  jamais réclamé sa carte communale d’ancien moudjahid pour bénéficier des avantages liés au titre. Les sacrifices qu’il s’imposera à lui-même, à sa défunte femme et à ses enfants lui ont valu la considération et l’affection générale.

C’est dans la mosquée du Ruisseau où quotidiennement il va accomplir son devoir de fidèle qu’Ahmed Bouda décède, à l’âge de 85 ans, le jeudi 20 février 1992, après la prière du D’hor.

Synthèse K.T.

Sources :

Achour Cheurfi : « Dictionnaire encyclopédique de l’Algérie », Edition ANEP, 2007

Presse nationale

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