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Cela s’est passé un 29 septembre 1994, l’assassinat de cheb Hasni


 hasniSurnommé le « rossignol du raï », cheb Hasni, le sentimental, a été assassiné le 29 septembre 1994, à l’âge de 26 ans, laissant derrière lui une épouse et un petit garçon.

Il était un peu plus de 11 heures lorsque Hasni a été assassiné, tout près de chez lui à Gambetta, un quartier populaire d’Oran. Il était en compagnie de son frère et de deux amis. Un jeune homme se faisant passer pour un fan l’aborde et l’entraine un peu à l’écart avant de lui tirer une balle dans le coup et une autre dans la tête, puis s’enfuit  à bord d’une R 12 où l’attendaient des complices. Tout s’est passé très vite. Hasni décède sur le chemin de l’hôpital. L’information s’est vite répondue dans la ville, puis dans tout le pays. Des centaines de fans se rendent à l’hôpital puis devant son domicile. Tous choqués et ne pouvant croire qu’ils n’entendront plus jamais la douce voix du rossignole.

Ils sont aussi des milliers à l’accompagner à sa dernière demeure. Des hommes mais aussi beaucoup de femmes suivront sa dépouille au cimetière de Dar El Beida(Oran). L’adieu est des plus difficiles. Ils sont inconsolables, comme sa famille.

Hasni est mort, il ne chantera plus. Mais ses fans continuent à se multiplier. Il était le plus prolifique des chanteurs de raï, avec 150 albums en huit ans. Son succès, il le devait à ses paroles. Il chantait l’amour, la séparation et toutes les difficultés des jeunes. Il mettait des mots sur toutes ces sensations, tous ces sentiments et tout le vécu d’une jeunesse en mal de vivre, dans un pays meurtri par le terrorisme. Un pays où l’espoir était une corde mince et fragile qu’on refusait de lâcher. L’amour était la seule bouffée d’air et s’il n’était pas au rendez-vous, on l’attendait avec impatience en écoutant Hasni.

Bayda mon amour, Chchira lli nebriha, J’ai mal au cœur, Hdartou fiya ou goultou mèt, Nediha meryoula, Tal ghyèbek yè ghzèli, Rani khellithè lek èmèna, Guaa ennsa, Rani nèdem aalè liyyèm, Rani marra hna ou marra lhih… Autant de titres chargés d’amour, de sincérité, de cette « nya » qui le caractérisait et qui se lisait dans sa douce voix. C’est que les paroles de ses chansons, il les puisaient directement de son vécu. Il chantait vrai.

Aujourd’hui, 20 années se sont écoulées depuis cette funeste journée. Pourtant, Hasni reste vivant dans les cœurs de milliers de jeunes. On garde de lui des centaines de chansons, mais aussi cet éternel sourire romantique. Hasni n’avait que 26 ans. Il se savait menacé par les terroristes islamistes, en témoignent des dizaines de lettres reçues durant les deux années précédant son assassinat. Mais il a choisi de rester au milieu des siens, partageant avec eux ce quotidien sombre, jusqu’à la fin. Hasni restera une légende…

Zineb Merzouk

 

 

 

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