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Cela s’est passé un 29 février 1960 … Naissance de Khaled


KhaledIl a su lui redonner ses lettres de noblesse, puis le rafraîchir et le porter à l’internationale. Khaled a enchainé les succès, méritant ainsi son surnom de Roi du raï.

De son vrai nom Hadj Brahim Khaled, connu sous le nom de scène de Cheb Khaled puis juste Khaled, est né le 29 février 1960 à Sidi-El-Houari, dans la banlieue d’Oran. Très jeune, il se passionne pour Elvis Presley puis Johnny, mais a des goûts très variés, allant de la musique égyptienne d’Oum Kalsoum ou le reggae de Bob Marley, aux chansons de Dalida et aux rythmes marocains. C’est certainement toute cette diversité musicale qu’il écoutait tout jeune qui fera de lui un artiste à succès international.

 Khaled n’a pas encore dix ans, mais il sait que son avenir est dans la musique. Déterminé, il n’hésite pas à délaisser ses études pour sa voie. Son père, garagiste au salaire modeste, ne l’entend pas de cette oreille. Il tente de le remettre sur les rails, mais Khaled ne changera pas d’avis. Il sèche l’école pour aller jouer partout où il lui est permis de le faire.

Renvoyé de l’école à 16 ans, il chante déjà dans les mariages et les circoncisions. Il enregistre rapidement un premier titre, Trig El Lici (Sur la route du lycée) qui fait un peu l’apologie de l’école buissonnière et des premières amours.

Pour gagner sa vie, Khaled fais des petits jobs : garçon de café, cordonnier… et enchaine d’autres titres : El babor qelaâ, un premier succès, suivis d’El Mersem, Ya Loulid, Roh ya Wahran, Essada.

A partir de 1980, Khaled déborde d’énergie et inonde le marché de cassettes, mais ne passe jamais à la radio. Le raï a mauvaise réputation. Pourtant, après son passage à Riadh El Feth, les choses commencent à changer pour lui. Se revendiquant héritier d’Ahmed Saber, de Benzergua, des chikh Hamada et Khaldi, Khaled devient un professionnel.

Sa rencontre avec Safy Boutella sera décisive. Leur collaboration sur le mythique album El Kutché signe une nouvelle ère pour un « raï propre ».

Peu de temps après, Khaled s’établit en France pour fuir le service national. Il participe au premier festival de raï de Bobigny, produit quelques albums jugés de niveau international (avec la touche de Bob Dylan, Iggy Pop, Youssou’N’Dour…)

En 1992, il sort l’album Didi, un succès planétaire. Il fait plus de cent cinquante villes, en 8 mois, demeure trois mois au Top 50 français, vend 80 000 disques en Inde, est classé premier au hit-parade du Machreq.

Le 21 novembre 1992, il est Disque d’or en France. Deux ans plus tard, il obtient le César pour la musique du film Un, deux, trois soleil de Bertrand Blier (album N’ssi N’ssi).

Tout en gardant la matrice du raï, Khaled n’hésite pas à y apporter des touches d’autres genres musicaux. Il enchaine les duos et les albums. Aïcha lui vaut un autre succès planétaire encore plus retentissant que Didi. La chanson est traduite dans plusieurs langues et chantée un peu partout dans le monde. Idem plus récemment avec C’est la vie !

Après plus de vingt ans d’exil, Khaled donne un concert événement à la salle El Harcha, à Alger, le 14 novembre 2000. Puis à Oran, quelques mois plus tard.

Si certains de ses fans préfèrent ses premiers succès, d’autres aiment ce style world music aux rythmes fous. Comme c’est le propre de tous les grands king, il en perd d’un côté et en gagne de l’autre durant tout son parcours. Cependant, Khaled garde toujours le sourire. Ce sourire que certains trouve un peu niais et qui était pourtant un rayon de soleil pour des millions d’Algériens durant les années noires…

On lui fera constamment des reproches, souvent pour son comportement, rarement pour sa musique et son succès ! Khaled fait la sourde oreille et poursuit avec brio cette voie qu’il s’est tracé il y a déjà plus de 40 ans.

Khadidja T.

Sources :

  • «Dictionnaire encyclopédique de l’Algérie », par Achour Cheurfi. Editions ANEP, 2007.
  • vitaminedz.org.
  • hibamusic.com.

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