.
.

Information historique et socioculturelle sur l'Algérie

.

Actualités

Traduire l'article :

Cela s’est passé un 23 février


benL’unité du Commandant Jaques Albert arrête le Moudjahid Mohamed Larbi Ben M’hidi » lors de la bataille d’Alger, le 23 février 1957

« Je voudrai être soumis à ces tortures pour être sûr que cette chair misérable ne me trahisse pas, j’ai la hantise de voir se réaliser mon plus cher désire, car lorsque nous serons libres, il se passera des choses terribles. On oubliera toutes les souffrances de notre peuple pour se disputer des places; ce sera la lutte pour le pouvoir. Nous sommes en pleine guerre et certains y pensent déjà, des clans se forment. A Tunis, tout ne va pas pour le mieux, oui j’aimerai mourir au combat avant la fin ».

Larbi Ben M’hidi fut l’un des 9 fondateurs du C.R.U.A (comité révolutionnaire d’unité et d’action) qui le 10 octobre 1954 transformèrent le CRUA en FLN, et décidèrent de la date du 1er novembre 1954 comme date du déclenchement de la lutte armée pour l’indépendance algérienne.

Incarcéré une première fois après la manifestation du 8 mai 1945, Ben M’hidi a été la cible de la police française suite à ce que les français appelèrent le « complot de 1950 ». Recherché, il a été condamné par contumace à dix ans de prison, dix ans d’exil et à la privation de ses droits civiques durant dix ans. C’est à cette période qu’il a été surnommé l’Homme aux vingt visages, parce qu’il changeait constamment d’identité.

Début 1957, Ben M’hidi a été l’un des principaux initiateurs de la « grève générale des huit jours » en janvier 1957. Il est colonel de l’ALN lorsqu’il est arrêté le 23 février 1957 par les parachutistes dans un appartement de l’avenue Claude-Debussy, où il se trouvait de passage. Transféré dans une villa à El Biar, il subit les affres de la torture. Ben M’hidi refuse de parler. Il sera pendu extrajudiciairement par le général Aussaresses dans la nuit du 3 au 4 mars 1957, selon les derniers aveux du même général.

En effet, cinquante ans après la mort de Ben M’hidi, les circonstances exactes de son décès sont longtemps restées controversées. La thèse officielle du suicide présentée jusqu’en 2001, n’a jamais été démentie par l’armée française. L’Algérie et les contemporains de Ben M’hidi n’ont jamais adhéré à cette version et c’est, dans une confession au journal français Le Monde, que le général Aussaresses reconnaîtra en 2001, avoir assassiné Larbi Ben M’Hidi ainsi que l’avocat Ali Boumendjel dans la nuit du 3 au 4 mars 1957.

Le 5 mars 2007, le général Aussaresses, dans un entretien au Monde, retrace les dernières heures de Larbi Ben M’hidi :

« Larbi Ben M’Hidi est conduit dans la ferme désaffectée de la Mitidja d’un colon extrémiste. Six hommes dont Aussaresses préparent l’exécution en passant une corde à travers un conduit de chauffage. L’un des hommes a joué le rôle du supplicié pour vérifier que tout était au point. Il est monté sur un tabouret, a passé sa tête dans le noeud et regarde les autres provoquant un fou rire général. Un parachutiste veut bander les yeux de Ben M’hidi. Celui ci refuse. Le soldat répond qu’il exécute un ordre. Ben M’hidi réplique qu’il est colonel de l’ALN et qu’il sait ce que sont les ordres. Sa demande sera refusée ; Il sera pendu les yeux bandés et se taira jusqu’à la fin. Pour le pendre, les bourreaux vont s’y prendre à deux fois. »

 

Mira B.G

Sources :

  1. Le monde, le 5 mars 2007
  2. Article « Les aveux du général Aussaresses », le monde 2 mai 2001
  3. Algérie-monde.com
  4. image : photographie Larbi Ben M’hidi, le 28 février 1957

 

 

Commentaires Facebook

commentaires



L’équipe Babzman est composée de spécialistes, amoureux de la culture Algérienne sous toutes ses formes. Qu’ils soient passionnés d’art, d’histoire ou encore de patrimoine, ces contributeurs de tout horizon, vous offrent un voyage dans le temps, à la découverte de l’Algérie millénaire.


11 thoughts on “Cela s’est passé un 23 février

  1. amrani lakhdar

    Ceci est la conclusion de mon ouvrage intitulé De l’action « civilisatrice » de la France en Algérie publié en 2010 aux imprimerie CHIHEB Batna

    Conclusion
    Poujoulat écrit : « Il se passe d’étranges choses dans les yeux, sur les fronts sévères de ces arabes, témoins muets de notre établissement, de nos triomphes…Il ya le mystère de mépris, de douleur et d’ironie sur ces fronts…Ces hommes m’apparaissent comme des Jérémies pleurant la chute de leur ville et l’invasion étrangère »
    Blaise Pascal, dans LES PENSEES, écrit : « Plaisante justice qu’une rivière baigne, vérité en deçà des pyrénéens, erreur au-delà.»
    Aussi, si nous devions juger de « l’action civilisatrice » de la France, c’est par rapport à cette relativité Pascalienne.
    En effet, en partant du postulat que l’algérien était « à l’envers » par rapport à l’occidental, l’action de la France en Algérie aurait été civilisatrice (sic)…Bien que, ainsi que le dit si bien P.DEMERON à propos de la torture pratiquée par le colonisateur, sur les 130 ans que dura la colonisation française : « …toute torture porte atteinte à la personnalité humaine ; qu’aucun plaidoyer ne peut la faire admettre ; et que la France a failli là-bas , si tant est que ces mots possèdent encore un sens, à sa fameuse « mission civilisatrice ».
    Cependant donc, en évaluant le nombre de morts, le nombre de constructions détruites, la misère semée parmi une population qui vivait en paix sur un territoire riche, un territoire appartenant tout à Allah ; l’iniquité, l’injustice, la ségrégation entre les communautés ; l’action de la France a été l’un des plus grands génocides que l’humanité ait enregistré durant son histoire, depuis que Dieu a créé Adam
    Et à ce propos il est à remarquer que la politique de colonisation menée à son époque par la France en Algérie ressemble étrangement à celle menée aujourd’hui par les israéliens en Palestine…Et, nous invitons notre lecteur à compulser l’ouvrage de H. Derdour intitulé ANNABA, page : 502. Il nous y apprend, en effet, que des contingents sionistes portant l’uniforme anglais et parlant diverses langues, dont l’allemand, avaient été regroupés à Annaba, en 1944/45 où, ils se livrèrent aux pires exactions contre les populations arabes…
    En fait, c’est le combat que mène depuis toujours, la civilisation judéo-chrétienne à l’Islam…

    Reply
  2. amrani lakhdar

    EL GUSTO …Oui mais,….Il ne faut pas oublier !

    Une réalisatrice, BOUSBIA Safinez, avec EGEER Heïdi et la Radio Télévision algérienne, ont produit un très beau documentaire, intitulé EL GUSTO. Un documentaire où transparaît une certaine « fraternité » entre les algériens de l’époque : « indigènes » et « pieds-noirs ».
    Un demi siècle après l’indépendance de l’Algérie, on a tendance à oublier… et ce documentaire risque fort de faire oublier à notre jeunesse, les 132 années de colonisation française : les massacres commis par les premiers « Aussaresses » qui avaient pour noms, Cavaignac, Pélissier, Saint Arnaud, Bugeaud, etc… oublier les 7 années et demi de guerre impitoyable, où les algériennes étaient violées et les algériens, assassinés : Si Larbi Ben M’Hidi pendu, Ali Boumedjet jeté du 6ème étage, Ali la pointe, petit Omar, Hassiba Ben Bouali, « plastiqués » et j’en passe !
    Ce que les jeunes algériens doivent apprendre et ne point oublier, de l’histoire de la colonisation française, c’est que :
    Les français d’Algérie, appelés « pieds noirs » n’avaient rien à voir avec les français de France. Les
    pieds noirs étaient, en règle générale, des populations européennes démunies, souvent des malfrats, venus d’Italie, de Malte, d’Espagne, de Corse…pour la plupart, qui n’ont jamais mis les pieds en France. Certains se sont enrichis, d’autres sont restés pauvres, mais pas autant que les indigènes. Cependant, qu’ils aient été riches ou pauvres, à quelques exceptions près, ils étaient racistes et détestaient « l’arabe ». Pour preuve, très rares étaient les pieds-noirs, qui comprenaient ou parlaient l’arabe.
    Lorsque, en 1961, les gouvernants algérien et français avaient entamé les négociations pour l’arrêt de la guerre, ce sont les pieds-noirs qui avaient encouragé à la création de l’OAS ; ils avaient crée des milices qui posaient les bombes et assassinaient les algériens, sans défense.
    Les français de France ignoraient la réalité de ce qui se passait en Algérie. Ils n’en avaient pris conscience qu’avec les premiers cercueils rapatriés, des soldats morts au combat, face à l’ALN. D’ailleurs, lors d’un référendum organisé en France le 8 Avril 1962, d’où étaient exclus les pieds-noirs, 91% du peuple français avaient été favorables au droit à l’autodétermination des algériens.
    Donc, ceux qui pensent que les français du peuple sont humains, aimables, gentils, bref corrects, n’ont pas tout à fait tort. En fait, les ennemis des algériens étaient les pieds noirs, les gouvernants (politiciens de carrière qu’ils aient été de droite ou de gauche) et les officiers de l’armée française, qui étaient mus par un esprit revanchard, particulièrement ceux défaits par les vietnamiens en « Indochine ».
    Pour ce qui est des israélites, leur cas est particulier, de mon point de vue. Ceux-ci étaient algériens à part entière. Les israélites ont toujours habité l’Algérie et ils parlaient parfaitement l’arabe. Cependant, ils ont été piégés par le fameux Décret Crémieux, qui en avait fait des français à part entière et donc, les avait dissociés des indigènes-arabes. Mais, lors de la lutte de libération nationale, ils avaient adopté une certaine position ambigüe de neutralité, qui n’en faisait pas des amis de la Révolution, bien que beaucoup cotisaient au FLN, surtout par peur des représailles.
    Aujourd’hui, un demi siècle après « la sale guerre », comme les gouvernants français qualifiaient la guerre d’Algérie, si ces derniers courtisent les gouvernants algériens, afin d’en obtenir des contrats commerciaux profitables, non content de refuser de présenter leurs excuses au peuples algérien, ainsi que l’ont fait d’autres Etats coloniaux (Italie, Belgique, Allemagne…), en 2005 ces gouvernants français, ont eu l’outrecuidance de promulguer une Loi louant leur « action civilisatrice» dans les pays qu’ils avaient soumis à l’exploitation.
    Pour ce qui est de mon pays, l’Algérie, j’estime qu’après cinquante ans, le temps de l’histoire, qu’il est de notre droit d’ester la France devant le TPI, pour crimes de guerre !
    L. Amrani. Prof de français à la retraite.

    Reply
    1. BABZMAN Post author

      Merci pour cette contribution pleine de vérités Monsieur Amrani
      Nous la publierons très prochainement… Au nom de la mémoire!

      Cordialement.
      Babzman

      Reply
  3. Med Akli Lannak

    « Ils sont entrés dans la légende et la légende est avec eux! » Autant les Hommes de la trempe de Ben M’hidii sont grands, autant les lilupitiens qui ont souillé la révolutions sont « nains »

    Reply
  4. benkennine

    Meme mort (Allah yarhamou) les charognards essayent de lui prendre ceux qu’ ils lui appartient et dire qu’ ils sait sacrifier pour le pays est nous. ALLAH yarhame chouhada

    Reply
    1. BABZMAN Post author

      Bonsoir,

      Toutes les sources sont citées, et pour ce qui est de la phrase attribuée à Ben M’hidi, elle a en effet suscité une vive polémique quant à son authenticité. Cependant le texte de cette citation est extrait de notes authentifiées, confiées par l’un des codétenus du grand martyr, à la famille Ben M’Hidi et plus précisément à son beau-frère, l’ancien Commandant de l’ALN, Si Abdelkrim Hassani dit « Si Ghaouti » qui en a fourni une copie à Dehbi Abdelkader (économiste, ancien moudjahid…), qui le déclare lui-même dans un un article du 28 juillet 2008 (hoggard.org) en lettre ouverte droit de Réponse à l’adresse du Dr Chegrouche, chercheur ayant contesté l’authenticité de la dite-phrase. Le texte est également repris dans un livre Les enfants de la Toussaint d’Yves Courrière.

      Au plaisir de vous relire
      Cordialement
      L’équipe Babzman

      Reply
  5. haddadi toufik

    Bonjour,

    j’aimerai bien savoir la source de cette citation utilisée au début de l’article :

    « « Je voudrai être soumis à ces tortures pour être sûr que cette chair misérable ne me trahisse pas, j’ai la hantise de voir se réaliser mon plus cher désire, car lorsque nous serons libres, il se passera des choses terribles. On oubliera toutes les souffrances de notre peuple pour se disputer des places; ce sera la lutte pour le pouvoir. Nous sommes en pleine guerre et certains y pensent déjà, des clans se forment. A Tunis, tout ne va pas pour le mieux, oui j’aimerai mourir au combat avant la fin ». »

    et Merci d’avance pour toute l’équipe

    Reply
    1. BABZMAN Post author

      Bonsoir,

      Cette phrase a en effet suscité une vive polémique quant à son authenticité. Le texte de cette citation est extrait de notes authentifiées, confiées par l’un des codétenus du grand martyr, à la famille Ben M’Hidi et plus précisément à son beau-frère, l’ancien Commandant de l’ALN, Si Abdelkrim Hassani dit « Si Ghaouti » qui en a fourni une copie à Dehbi Abdelkader (économiste, ancien moudjahid…), qui le déclare lui-même dans un un article du 28 juillet 2008 (hoggard.org) en lettre ouverte droit de Réponse à l’adresse du Dr Chegrouche, chercheur ayant contesté l’authenticité de la dite-phrase. Le texte est également repris dans un livre Les enfants de la Toussaint d’Yves Courrière.

      Au plaisir de vous relire
      Cordialement
      L’équipe Babzman

      Reply

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *