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Cela s’est passé un 17 novembre 1714 : Découverte d’El Amarna


amaTell El Amarna, de son nom d’origine, Akhétaton, signifiant l’horizon d’Aton, est une cité qu’a fait construire le Pharaon Amenhotep IV, sur la rive Est du Nil, en Moyenne-Egypte, dans la province moderne de Minya, à 58 kilomètres.

Selon les spécialistes, la cité comptait, seulement quatre ans après sa fondation, une population de vingt mille habitants. Le site d’Amarna est composé de plusieurs villages modernes dont les deux principaux El Till, dans le Nord et El Hagg Qandil dans le Sud.

Même si Akhétaton est aujourd’hui rongée par le temps, ses fondations et les vestiges du palais, ainsi que l’immense temple d’Aton ont été révélés. Cette révélation du site n’est pas une première, puisque le site a été décrit une première fois, au début du XVIIe siècle, puis en 1798-1799 par les savants de Napoléon qui établirent une carte d’Amarna. Ce site, sera récupéré à la période Romaine dont les traces furent découvertes lors des fouilles au Sud de la ville où ont été trouvées plusieurs structures de l’époque.

Selon l’égyptologue Cyril Aldred, la désignation courante du site de l’ancienne Akhétaton sous le nom de « Tell el-Amarna » est une erreur. Nulle part les vestiges antiques constituent un monticule d’architecture érodé qui justifierait sa description sous le nom de « Tell » (En arabe : colline), si fréquent ailleurs dans le pays. Il note que le nom « Tell el-Amarna » est une incompréhension du nom d’un des villages modernes près des ruines, Till el Amarna. Le nom « Amarna » lui-même viendrait du nom d’une tribu de nomades, les Beni Amran, qui ont quitté le désert au VIIIe siècle pour s’établir sur la partie des rives du Nil qui longe l’ancienne ville.

C’est à la 4 ou 5ème année de son règne que AmenhotepIV, fit construire une nouvelle ville dédiée au Dieu Aton pour asseoir sa réforme religieuse et en fit sa capitale en l’an 7 de son règne. Cette cité s’étendait sur une longueur de 15 kilomètres et sur près de 8 kilomètres de large. Délimitée par quatorze stèles frontières, représentant la famille royale adorant le Dieu Aton, trois sont posées sur la rive gauche et onze sur la rive gauche du Nil, dont une sur laquelle le Roi avait fait graver qu’Aton lui-même avait choisi cet emplacement pour sa ville, simplement parce qu’il était vierge de toute présence de divinité. Un document comportant les volontés du Roi, affiche sa volonté d’avoir plusieurs temples dédiés à Aton, érigés dans sa cité et plusieurs tombes royales dans les collines orientales pour lui, sa première épouse Néfertiti et sa fille aînée Méritaton, ainsi que son commandement explicite que, lorsqu’il sera mort, il sera inhumé dans celle qui lui était réservée.

Le texte se poursuit en affirmant qu’Akhénaton a fait une offrande au « Grand Dieu Aton ». Elle est illustrée avec une représentation du Roi avec sa femme et sa fille aînée, devant un autel avec des offrandes, alors qu’Aton brille sur eux et couvre leur corps avec ses rayons.

Les fouilles ont révélé l’existence de 4 palais : au centre de la ville, le grand temple d’Aton, à ciel ouvert, plus loin, un second temple, également dédié à Aton, nommé le château d’Aton. Au centre ville trônait le grand palais avec ses nombreuses dépendances, les bâtiments officiels de l’administration, ses cours cérémonielles et un pavillon royal qui comprenait une salle d’audience. Pour accéder, deux axes de circulation se trouvaient au Nord, ouvrant sur un portail donnant sur un vaste parvis qui précédait le grand temple d’Aton, tandis que l’accès Ouest donnait sur le Nil.
En 1887, les archives diplomatiques, dites d’Amarna sont découverts dans le palais. Il s’agit des archives diplomatiques des règnes d’Amenhotep III et d’Amenhotep IV qui décrivent les échanges politiques entre la Cour Egyptienne et les souverains et princes vassaux du Proche Orient. Cette riche correspondance est écrite en Akkadien, la langue diplomatique de l’époque.

Quant à la partie Sud, le palais d’été y a été construit pour la reine Kiya, une des grandes épouses d’Amenhotep IV. Cette partie de la cité comprenait le quartier résidentiel avec ses maisons pour les hauts fonctionnaires, dont celle du Vizir Nakht, du Général Renéfer, du Grand-Prêtre d’Aton et scribe royal, Panéhésy (ou Panehsy) et du scribe royal et commandant des troupes Ramosé.

Les ateliers des artistes, notamment celui du sculpteur Thoutmès où le fameux buste de la Reine Néfertiti fut mis au jour en 1912, aujourd’hui au musée de Berlin. Plus au Sud de la ville se trouve le site de Kom el-Nana, une enceinte de 228 m x 213 m, généralement considérée comme entourant le grand temple.
La Résidence principale de la famille royale se trouvait au Nord de la ville et regroupait le quartier des marchands et un palais de plaisance « le Palais Nord des berges du fleuve », entouré de vastes jardins comportant plusieurs lacs artificiels et un parc zoologique, qui, semble t-il, était peuplé d’antilopes.

Sur l’Est de la cité se trouvaient les nécropoles, dont certaines tombes étaient creusées dans la falaise. Elles sont restées célèbres pour la beauté de leurs reliefs et les renseignements précieux qu’elles nous ont fourni sur cette époque. Autour des monuments principaux de la ville s’éparpillaient sans qu’il existe de quartier et sans aucune planification urbaine, les demeures des hauts dignitaires et des maisons plus modestes.

Lorsque Toutânkhamon quitta Akhétaton pour retourner à Thèbes et la cité fut laissée petit à petit à l’abandon, puis elle fut démolie par ses successeurs et recouverte au fil du temps par les sables. Toutefois la ville semble être restée active pendant quand même une quinzaine d’années après la mort d’Akhénaton, car un sanctuaire pour Horemheb (1323-1295) y fut construit, ce qui indique qu’elle était au moins partiellement habitée au début de son règne. La zone sera réoccupée plus tard, à la période Romaine et au début du Christianisme. Des fouilles au Sud de la ville ont mis au jour plusieurs structures de cette époque.

Mounira Amine-Seka.

Sources :

  1. Antikforever.com
  2. Dictionaryofhistorians.org

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