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Cela s’est passé un 15 mai 1998 … Décès d’Abdelhamid Ababsa


Auteur compositeur interprète et poète, Abdelhamid Ababsa est connu pour son interprétation exceptionnelle de la longue et belle chanson d’amour « Hyzia ».

Abdelhamid Ababsa, à l’état civil enregistré sous le nom d’Abdelmadjid, est né le 15 décembre 1918 à Barika, dans la ville de Batna, dans une famille de musicien. Orphelin de mère à l’âge de 10 mois, il grandi à Biskra où il fait ses études primaires dans une école française. Dès l’âge de huit ans, il commence à travailler à Constantine, comme apprenti typographe de la revue Echihab de cheikh Abdelhamid Ben Badis, dans laquelle son père est journaliste.

Très tôt déjà, Abdelhamid Ababsa est attiré par la musique. Il écoute Oum Kalthoum, Mohamed Abdelwahab et Farid El Atrache.

En 1930, sa famille s’installe à Alger. Le jeune garçon reprend sa scolarité en suivant des cours d’arabe à l’école Chabiba des Oulémas. Il a pour maître le poète Mohamed Laïd Al-Khalifa. Un jour, lui propose de mettre en musique un nachid «Alaïki mini salam, ya arda ajdadi » (Salut ô terre de mes ancêtres) que des centaines de jeunes algériens apprendront à l’école de l’Algérie indépendante.

Parallèlement à ses cours, il travaille comme typographe à l’imprimerie arabe (matbaâ al arabya) et se rend souvent dans une taverne du côté de l’Amirauté pour jouer du piano. Messaoud el Habib, un pianiste qui a longtemps le musicien attitré de Cheikh el Afrit, aux côtés de M’hamed el Kourd, l’aidera beaucoup.

Abdelhamid Ababsa apprend aussi le luth et l’orgue (el manfakh). Mais c’est les anachid qui lui révéleront tous les secrets de la musique. Il met en musique une qacida de son père et compose la musique de Fidaou el Djazair de son ami Moufdi Zakaria.

Ainsi, entre la poésie populaire et les chants nationalistes, le jeune homme se forge une culture et du talent. En 1936, il chantera Fidaou el Djazair devant douze mille personnes sur la place El Kheddam, à Tlemcen. Ce qui lui vaudra d’être proscrit de la ville.

A partir de cette période, Ababsa commence à composer des chansons et des qacidates. En 1942, il enregistre chez Pacific «Talet âalya » et en 1944, « Ya rahala ». son plus grand succès, « Hyua » qu’il interprète pour la première fois, après Slimane Mégari, en 1938, à la Radio d’Alger et qu’il enregistrera en 1947.

Suite à cet exploit et encouragé par le public, Ababsa monte sa propre troupe « Djawalat Ababsa » et compose lui-même les textes de ses chansons.

En 1945, il dénonce le massacre du 8 mai et en 1946, lors d’un meeting, il chante la même chanson à Paris et se retrouve en prison, pour deux ans, en compagnie de Cheikh El Hasnaoni.

Durant la guerre de libération, il organise en France des galas privés pour la communauté émigrée et continue à écrire et composer jusqu’après l’indépendance. En 1984, il compte à son actif pas moins de 350 poèmes. Son morceau le plus connu reste Hyzia, une longue et belle chanson d’amour du 19ème siècle dont le texte a été écrit par Ben Guitoun.

Ababsa est décédé le 15 mai 1998, à Alger, à l’âge de 80 ans.

Sa famille, a toujours été très imprégnée de son art. Sa femme Fatma Zohra, ses filles Naïma et Fella, ainsi que son fils Salah Eddine, dit Mobarek, sont de brillants musiciens et interprètes.

Synthèse Babzman

Source :

  • « Dictionnaire encyclopédique de l’Algérie », par Achour Cheurfi. Editions ANEP, 2007.

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