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Cela s’est passé un 14 septembre 2010, décès du philosophe et historien de l’islam Mohammed Arkoun


mohPhilosophe et sommité en islamologie, Mohammed Arkoun, professeur à l’université de la Sorbonne (Paris, France), est décédé le 14 septembre 2010.

 Mohammed Arkoun naît le 1er février 1928 à Taourirt Mimoun, à Benni-Yenni, dans la wilaya de Tizi Ouzou. Il entame ses études primaires dans son village et les poursuit à Ain El Arba, dans l’ouest algérien, relevant actuellement de la wilaya de Ain Témouchent où son père était épicier entre 1935 et 1941. Il étudie ensuite au collège des Pères Blancs de son village natal et poursuit sa scolarité à Oran. Quant aux études supérieurs, c’est à Alger qu’il les accomplie, obtenant une licence en langue et littérature arabe, en 1952. Une année plus tard, il est professeur d’arabe au lycée d’El Harrach. Dès 1955, il va poursuivre sa quête du savoir dans la capitale française où il obtient son agrégation d’arabe et son doctorat.

Mohammed Arkoun devient ainsi professeur dans différentes universités françaises, puis maître assistant, maître de conférences et enseigne à Los Angeles, à Philadelphie et New York (USA), à Rome (Italie), à Amsterdam (Hollande)… Il enseigne l’histoire de la pensée islamique et l’islamologie appliquée, une discipline qu’il développe en se référant à l’anthropologie appliquée de Roger Bastide. Il a formé des générations de spécialiste de l’islam, dont beaucoup sont invités sur les plateaux de télévisions étrangères.

Il est également membre de différentes commissions, comités et conseils et préside plusieurs jurys pour différents prix internationaux.

Entre 1984 et 2004, il est sacré chevalier, officier puis commandeur de la légion d’honneur. L’université d’Exeter (Royaume-Uni) lui attribue le titre de docteur honoris causa en 2000. De son vivant, il reçoit plusieurs prix, notamment le Giorgio Della Vida, à Los Angeles en 2002, pour l’ensemble de ses contributions dans le domaine de l’étude islamique, le Prix Ibn Rushd à Berlin en 2003 et le Prix Doha pour la culture à Parisle en 2010.

 Ses recherches sur les textes du Coran et l’étude critique de la raison islamique en font un spécialiste de la pensée musulmane. C’est ainsi qu’il est invité à donner les Conférences de Gifford à l’université d’Édimbourg (Écosse) (qu’il intitule « Inauguration d’une critique de la raison islamique »), un des plus prestigieux honneurs dans le milieu universitaire, qui permet à un chercheur de renommée importante de contribuer à l’« avancement de la pensée théologique et philosophique ».

Dans « Ouvertures sur l’islam », Mohammed Arkoun écrit : « Je m’efforce depuis des années, à partir de l’exemple si décrié, si mal compris et si mal interprété de l’islam, d’ouvrir les voies d’une pensée fondée sur le comparatisme pour dépasser tous les systèmes de production du sens – qu’ils soient religieux ou laïcs – qui tentent d’ériger le local, l’historique contingent, l’expérience particulière en universel, en transcendantal, en sacré irréductible. Cela implique une égale distance critique à l’égard de toutes les «valeurs» héritées dans toutes les traditions de pensée jusques et y compris la raison des Lumières, l’expérience laïque déviée vers le laïcisme militant et partisan. »

Le philosophe et spécialiste de l’islam défend la laïcité qui ne peut s’accomplir sans l’appréhension des particularités des sociétés islamiques.

D’un point de vu politique, les échecs successifs des régimes arabes ou musulmans « ont commencé dès le lendemain de l’indépendance. Partout se sont imposés des régimes policiers et militaires, souvent coupés des peuples, privés de toute assise nationale, indifférents ou ouvertement hostiles à tout ce qui peut favoriser l’expansion, l’enracinement d’une culture démocratique. Les moyens par lesquels les régimes se sont mis en place n’ont, nulle part, été démocratiques », affirme-t-il dans un entretien au journal français L’Express (27/03/2003).

Mohammed Arkoun a publié plus d’une trentaine d’ouvrage en arabe et en français, dont plusieurs ont été traduits en plusieurs langues, comme c’est le cas pour « La Pensée arabe » (P.U.F., Paris 1975), qui a été traduit  en arabe, anglais, espagnol, suédois et italien.

Décédé  le 14 septembre 2010 en France et inhumé à Casablanca, au Maroc, il reçoit, à titre posthume le Prix Al Idrissi à Palerme et le Prix Izerfan, trophée pour la promotion des droits de l’homme, à Rabat en 2012.

Zineb Merzouk

 

Sources :

  1. http://www.fondation-arkoun.org
  2. http://mohammed-arkoun.over-blog.com
  3. www.wikipedia.org
  4. http://autresvoix.blogspot.com

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