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Information historique et socioculturelle sur l'Algérie

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Cela s’est passé un 12 novembre 1954, déclarations du 1er ministre Français et de Ferhat Abbas


ferhatFace à l’insurrection du 1er novembre 1954, les réactions seront multiples. Pour certains, « l’Algérie est la France », pour d’autres « l’ère coloniale est définitivement close ».

Douze jours après le déclenchement de l’insurrection armée, François Mitterrand, alors ministre de l’Intérieur du gouvernement de Pierre Mendès-France, tient, le 12 novembre 1954, un discours très explicite à la tribune de l’Assemblée nationale. « Je prétends qu’actuellement certains doivent cruellement méditer sur le déclenchement hâtif de l’émeute, qui les a précipités dans une aventure qui les conduira à leur perte. Voilà donc qu’un peu partout, d’un seul coup, se répand le bruit que l’Algérie est à feu et à sang.

De même que le Maroc et la Tunisie ont connu ce phénomène du terrorisme individuel dans les villes et dans les campagnes, faut-il que l’Algérie ferme la boucle de cette ceinture du monde en révolte depuis quinze ans contre les nations qui prétendaient les tenir en tutelle ? Eh bien ! non, cela ne sera pas, parce qu’il se trouve que l’Algérie, c’est la France, parce qu’il se trouve que les départements de l’Algérie sont des départements de la République française.»

A cette époque, tous les responsables politiques français clament haut et fort que l’Algérie est française. L’idée que ce peuple soumis pendant plus de cent ans se révolte contre « sa tutelle » demeure inconcevable. D’où l’usage de la torture dès le 2 novembre (Moulay Merbah, un responsable MTLD), l’emploi du napalm dès le 5 novembre (contre des villages de l’Aurès)… Tous les moyens seront mis en œuvre pour mettre fin à ce soulèvement. « En l’espace de trois jours, seize compagnies républicaines de sécurité ont été transportées en Algérie, ce qui a porté à vingt le nombre total de ces compagnies sur le territoire algérien », précise Mittérand dans sont discours. Les intentions de la France coloniale sont on ne peut plus claires.

En face, du côté algériens, les grandes personnalités ne restent pas à l’écart. Le MTLD, dans une déclaration datée du 5 novembre, dénonce le gouvernement comme responsable des actions violentes : « sa politique de force et le refus total de la volonté d’autonomie du peuple algérien ont conduit à la violence ».

Le 12 novembre, Ferhat Abbas oppose son raisonnement à celui de Mitterand en publiant dans La République algérienne, un article intitulé « C’est le colonialisme qui provoque et alimente le désordre et la violence ». Même s’il tient à préciser que l’usage de méthodes violentes ne prévaut pas à la résolution du problème, il est pour lui certain que « l’ère coloniale est définitivement close », d’où l’intérêt de la France à changer de politique.

Le 2 novembre, lors d’une visite au préfet de la ville de Sétif, Ferhat Abbas lui explique que l’UDMA ne participe pas à ce mouvement insurrectionnel ; et même si la méthode de la violence n’est pas la plus souhaitable, il n’en demeure pas moins que «Votre régime français est si déliquescent que nous allons inexorablement à l’indépendance…Comme le régime colonial ne peut pas se tenir par la force il a proposé deux solutions pour sortir de la crise (L’une serait la constitution de la République Algérienne où les diverses ethnies vivraient en paix et le moteur de la société serait la communauté française. L’autre pourrait être le système de college unique qui assurerait l’égalité de tous les hommes.)….

Choisissez une des deux solutions. Choisissez vite. Et moi Ferhat Abbas je me battrai pour cette solution qui restera dans le cadre français avec un drapeau français. Mais si vous ne choisissez pas nous allons nous obliger à nous battre contre vous. Et moi qui ne suis pas dans l’insurrection j’y entrerai. L’insurrection gagnera et je vais être du côté des vainqueurs. Mais dites vous bien (et dites autour de vous) que le jour où je me battrai contre vous je le ferai (et c’est sa phrase textuelle) le dos au mur et les larmes pleines des yeux ».
Et l’Algérie ne sera jamais française…

Synthèse K.T.

Sources :

  1. http://www.socialgerie.net
  2. http://www.alterinfo.net/DISCOURS-DE-M-Francois-Mitterrand-ministre-de-l-Interieur-12-novembre-1954-meme-seance-QUELQUES-JOURS-APRES-LA-NUIT-DE_a1229.html
  3. http://www.lematindz.net
  4. Sylvie Thénault, « Algérie : des “événements” à la guerre. Idées reçues sur la guerre d’indépendance algérienne ». Paris, Le Cavalier Bleu, 2012

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