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Bijoux algériens : La ceinture métallique


mahLa ceinture métallique que nous connaissons aujourd’hui, et qui orne le costume de fête des algériennes, a fait son apparition au XIX e siècle.  Fabriquée par les bijoutiers, elle a commencé à remplacer progressivement la traditionnelle ceinture de soie, en brocard (des citadines) ou en laine (des rurales).

Au XVIII e siècle, Venture de paradis révèle que les femmes d’Alger « portent une ceinture en soie et en or, qu’elles arrangent de manière à leur servir de jupon, mais c’est pour en montrer l’or ». Il convient de préciser que les ceintures de soie figurent à ce moment là, parmi les productions algéroises les plus exportées et concernent une clientèle des  deux sexes. Cet article fait même l’objet d’envois réguliers au sultan d’Istanbul, qui en aurait reçu de façon fréquentes entre 1758 et 1809. A la veille de l’occupation française, les artisans algérois continuent de fabriquer « différentes qualités d’étoffes de soie et de ceintures qu’ils exportent dans tout l’empire du Maroc, à Tunis, à Tripoli et dans toute l’Asie ».

La ceinture métallique

Au début , elle se fabrique seulement dans les grandes villes comme Alger, Oran, Constantine et Msila. Mais de façon progressive, la ceinture métallique gagne les zones rurales en suivant de près l’évolution de la mode vestimentaire, et en s’adaptant à la robe dite cousue qui a remplacé le vêtement drapé.

Le principe de base de ces ceintures est simple : elles sont toujours constituées de plaques articulées entre elles, la fermeture étant assurée par une boucle composée de deux parties identiques et comportant une ou deux agrafes soudées au verso. Parfois, la fermeture se fait à l’aide d’une épingle traversant les charnerons soudés  au bord de chacune des deux parties de la boucle.

L’aspect des plaques varient selon les régions, l’époque et bien évidemment la mode. Les toutes premières étaient constituées de plaques d’assez grandes dimensions (jusqu’à  6 cm), telles que les portaient les femmes du Djebel Amour, des Ouled Nail, de l’Aurès, du Mzab, et de certaines régions de Kabylie. Dans l’Aurès, conformément aux traditions locales, ces plaques, ainsi que la boucle, se faisaient à la main. Dans d’autres régions, elles étaient moulées et ensuite retravaillées au ciseau.

La mode de la ceinture métallique parvient après quelques temps à toucher les couches les moins aisées de la population, elle s’adapte alors : les plaques se sont réduites et le moulage a définitivement remplacé le travail à la main. La mode plus en moins récente penche pour les petites plaques en rosaces ou en losanges, quand elle n’est pas composée de Louis d’or.

Qu’elle soit en or ou en argent, la ceinture métallique est symbole de fertilité. Dans certaines régions (Tlemcen, Msila…) le port de cet objet requiert à lui seul une cérémonie à part entière, qui suit de quelques jours celles des noces. Il annonce que la jeune mariée est prête à recevoir la vie.

Mira B.G

 

Sources :

  1. L. Belkaïd « Algéroises, histoire d’un costume méditerranéen »
  2. Catalogue de l’exposition « Bijoux algériens » au palais de la culture, 2003
  3. Venture De paradis, « Tunis et Alger au XVIII e siècle »

 

 

 

 

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