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Mahfoud Touahri, ce jeune et talentueux comédien mort dans un incendie


MT« Mahfoud Touahri », de son vrai nom Tahari Abdelhafed, est né le 09 septembre 1944 à Miliana. Son père, Mohamed, fut mineur jusqu’en 1952, puis commerçant, décède en 1958. 

Orphelin à l’âge de 14 ans, Mahfoud vivait très heureux au près de sa mère dans une fratrie de 9 enfants, dont lui. Un environnement qui fut aussi sa muse dans l’art, en général, et le théâtre, en particulier. Au lendemain de l’indépendance, Mahfoud Touahri a brillé parmi les centaines de volontaires, invités par Mr Ahmed Ben Bella lors d’un grand chantier international de volontariat, à El Karimia, à la Wilaya de Chlef, ex Asnam. Ses qualités d’animateur et de comédien, lui avaient valu les félicitations du Président lui-même.

A partir de là, il se spécialise dans le théâtre et fut très doué. Il fait alors plusieurs stages, au théâtre d’Alger où il côtoya plusieurs grandes figures. Il connut René Louis Laforde, ce célèbre homme de théâtre qui, à l’époque, résidait à Alger. Ce dernier lui enseigna la culture du théâtre et fit de lui un véritable comédien.
Mahfoud créa le premier groupe théâtral de Miliana, au sein du foyer de la jeunesse, composé de jeunes lycéens. Un groupe dont les spectacles furent programmés dans la ville au sein de ce même foyer.
Ce jeune artiste, était considéré comme le leadership de l’animation lors de manifestations culturelles qui se tenaient dans sa ville. Il avait conçu la célèbre pièce théâtrale « L’apartheid », pour célébrer le 14ème anniversaire du déclenchement de la guerre de libération nationale. Une pièce qui fait allusion au racisme dont étaient victimes les autochtones de l’Afrique du Sud, de l’époque.  Interprétée au cinéma « variétés »,  en présence des autorités,la veille du 1er novembre 1968, la salle affichait comble.

Si ce soi le succès était au rendez-vous, la fin fatale du comédien y était aussi. Après la fin du spectacle et la levée des couleurs à minuit, Mahfoud regagna le foyer pour la nuit, mais fut réveillé par la sirène de la ville, signalant un grand foyer d’incendie dans le Zaccar, près d’un important stock de dynamite, dans les mines. Pour éviter le grand drame à Miliana, n’ayant pas les moyens pour lutter contre l’incendie, on éteignait les flammes à l’aide de branches d’arbres.

Le lendemain, la sinistre nouvelle se répandit dans la ville : 23 jeunes bénévoles, dont Mahfoud Touahri sont décédés, en luttant contre l’incendie.

A l’issue du défilé militaire des troupes de l’ANP, à Alger, le Président de la République, Houari Boumediène, déclare :  » ces jeunes qui sont morts, en éteignant le feu, sont considérés comme des Martyrs du Devoir National », et une importante délégation gouvernementale fût dépêchée à Miliana présidée par le Ministre de l’industrie, pour s’enquérir de la situation.

Miliana avait perdu 23 de ses enfants dont le jeune Mahfoud âgé de 24 ans. Son nom reste gravé dans la mémoire des milianais. Aujourd’hui, l’association des arts dramatiques de Miliana porte son nom.

Mounira Amine-Seka.

Sources :

Presse nationale.

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